Exposition 2016 : Didier Graffet « Effluvium » 10


Didier Graffet est l’un des illustrateurs français dont je suis le travail depuis des années maintenant. Dès que j’ai su qu’il y avait la possibilité d’aller à la rencontre d’un ensemble de ses œuvres, je n’ai pas réfléchi très longtemps. D’autant plus que sa dernière exposition avait eu lieu au sein d’un espace emblématique, à savoir le Musée des Arts et Métiers de Paris. Rompue à l’exercice de l’exposition d’envergure, la Galerie Daniel Maghen a une fois de plus démontré sa capacité à gérer des événements avec tout le professionnalisme qui doit en découler. Juste pour rappel, la galerie avait réservé le Bastille Design center pour l’artiste Kim Jung Gi, vous pouvez consulter l’article en relation en cliquant ici. Cette fois-ci c’est l’espace Commines qui a été alloué à cet auteur de talent qu’est Didier Graffet, accédant pour l’occasion à un espace à la mesure de son travail. Si vous n’avez jamais été dans ce lieu, sachez que cet endroit dispose d’une superbe verrière et d’une surface assez étendue pour prendre le recul nécessaire à la contemplation des œuvres. Il est clair que l’artiste a bénéficié des meilleures conditions d’exposition possibles, d’autant plus qu’obtenir un tel environnement pour une exposition personnelle est assez rare.

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Une foule de personnes (artistes, amateurs, collectionneurs, journalistes) connues et moins connues ont répondu à l’appel.

exposition-2016-didier-graffet-effluvium-pb044998La salle montre tout son potentiel et, surtout dans cette configuration,

la possibilité de prendre du recul pour apprécier les œuvres.

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D’emblée, nous sommes plongés dans une ambiance où les images en nombre impressionnent par leur degré de finition. Voir de multiples illustrations avec le même niveau de rendu est à la fois rassurant et enivrant pour le spectateur avide de belles pièces.

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L’expérience de Didier Graffet en tant qu’illustrateur se reconnait dès les premières images avec des tableaux extrêmement narratifs. La précision des images est un classique, mais l’ajout de détails n’est jamais anodin. Avec, par exemple, l’envol d’un oiseau en bas à droite de l’œuvre, ou encore tous les éléments nécessaires à la compréhension d’une séquence. Et c’est un peu comme ça à chaque tableau, vous avez toujours la sensation de voir l’extrait d’un film.

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La grande luminosité des œuvres associée à leur format donnait à percevoir des mouvements et des compositions assez dynamiques. Dans l’exemple ci-dessous, le regard est orienté vers le centre de l’image, par le biais du mouvement des nuages ainsi que par la direction des reliefs de la roche. On pourrait aussi noter la position des bateaux et l’orientation de la lumière. C’est à peu près comme ça pour tous les tableaux de Didier Graffet, des choix précis dans les compositions qui s’appuient par la suite sur les sujets et leur traitement graphique.

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En vous approchant des peintures, de nombreux détails vous sautaient aux yeux, comme cette ombre franche sur le flanc du vaisseau situé en bas à gauche.

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Il y avait une belle homogénéité dans les créations qui étaient présentées. Ce qui nous amène aussi à nous interroger sur le temps nécessaire à la réalisation de toutes ces peintures.

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Passant sans peine d’un style médiéval fantastique à une forme d’urbanisme uchronique, la palette de couleurs de Didier Graffet ne cesse de vous ravir. Il y a toujours cette facilité apparente du traitement de la lumière qui met en valeur un sujet et qui en révèle d’autres. Ce n’est pas tant par exemple cette voiture ou ce bus qui attire le regard, mais plutôt cet homme appuyé au lampadaire en position d’attente.

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On se plait à imaginer le scénario d’un Chicago des années trente, revisité pour l’occasion avec une perspective qui rappelle immédiatement une scène du cinquième élément.

exposition-2016-didier-graffet-effluvium-pb044934Un Empire State building en arrière plan, un avion démesuré, des détails architecturaux dans un style assez semblable à celui de nos anciennes halles ou encore du pavillon Baltard. Voilà quelques ingrédients qui suffisent à rendre une image aussi narrative qu’impressionnante. Le talent et la maitrise de la couleur amèneront cette atmosphère de science-fiction aux accents rétro-futuristes.

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exposition-2016-didier-graffet-effluvium-pb045008L’image échappe au classicisme en intégrant un véhicule qui donne une toute autre échelle à cette locomotive.

exposition-2016-didier-graffet-effluvium-pb045009Les halles du grand palais se reconnaissent entre mille, et cet effet de perspective nous permet de les redécouvrir sous un angle original. Le personnage en costume, le squelette et les ballons dirigeables sont des éléments qui donnent ici un contexte plus intrigant que sur les autres œuvres.

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exposition-2016-didier-graffet-effluvium-pb044960Très certainement l’une de mes œuvres préférées, un bossu de notre dame réinterprété avec beaucoup de finesse.

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Toutes les œuvres réunies provoquaient le même réflexe, et chacun prenait soin d’immortaliser ces images avec son smartphone. De mémoire, j’ai rarement vu autant de prises de vue de la part des visiteurs dans un vernissage. En même temps, comme vous pouvez en juger ici, l’échelle ne laisse aucun autre choix que celui de photographier.

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exposition-2016-didier-graffet-effluvium-pb044966Ce que j’adore plus que tout dans l’œuvre de Didier Graffet, c’est la manière dont il positionne ses personnages. Ici, dans cette séquence d’attente, on s’attachera à regarder cet homme qui lit son journal, comme si de rien n’était. Je ne parle même pas des niveaux de profondeur, avec en toile de fond le dessus du grand palais. Cette référence nous renvoie au tableau où le point de vue nous plongeait à l’intérieur de celui-ci.

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Des œuvres alternatives étaient aussi visibles, comme ce vitrail réalisé par Emmanuelle Andrieux Lefevre.

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Deux véhicules ont été réalisés en sculpture par l’Atelier DBFX, vous pouvez voir quelques images de la fabrication sur facebook en cliquant ici. Disponibles en différentes versions, ils permettaient surtout de démontrer l’intérêt de passer en volume les réalisations de l’auteur. Présentés de la plus belle manière qui soit, vous pouviez voir les dessins, les plans ainsi que les mises en volumes disposés dans des vitrines au style personnalisé.

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Personnellement, je pense que les plans de ces machines mériteraient des tirages sur papier noble, du genre tirage pigmentaire. Avec une petite signature en bas à droite et un cachet de série limitée, ils trouveraient leur place sur mes murs.  Bon, en attendant, si l’achat des originaux vous tente, ils sont toujours disponibles à la galerie.

En conclusion, nous avons passé un bon moment en ces lieux avec un ensemble de tableaux qui ne vous invitaient qu’à l’achat. Au fur et à mesure des ces vernissages, on ressent en tout cas l’investissement croissant de cette galerie qui permet enfin à des auteurs de longue date d’obtenir la reconnaissance à laquelle ils ont droit. Pour ma part, je n’ai pas pu m’entretenir avec toutes les personnes que j’ai reconnues. La famille des illustrateurs étant de taille réduite, il n’est pas rare d’en croiser plusieurs d’un vernissage à l’autre. Cependant, j’ai enfin pu mettre un visage sur l’un d’entre eux et son accessibilité et sa simplicité m’ont permis de bien conclure ma visite.

Sachez enfin qu’un prochain ouvrage devra sortir avec l’ensemble des œuvres qui ont été exposées. Les autres sont toujours disponibles comme le superbe Artbook « Mondes et Voyages » ou encore « Steampunk : de vapeurs et d’acier », en lien en bas de l’article. En 2017, un calendrier Game Of Thrones illustré par l’auteur devrait aussi être disponible. En attendant, l’exposition continue au sein de la Galerie Daniel Maghen. Alors, si vous voulez avoir l’occasion de voir en vrai quelques œuvres présentées ici, il n’y a qu’une seule adresse à retenir 😉

Pour conclure ce billet comme il se doit, cette vidéo vous permettra de découvrir un peu plus le talent de cet artiste.

 

Didier Graffet – film sur l’artiste peintre from dbfx on Vimeo.

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Steampunk : De vapeur et d’acier


Et si Jules Verne et H G Wells avaient décrit une réalité possible ? Imaginons que depuis l’Antiquité l’homme domine la machine. Le progrès serait arrivé bien plus tôt. Dans ce monde de découvertes et d’explorations, les rétronautes visitent le passé, et de gigantesques usines flottent dans le ciel. Un sinistre docteur se livre à des expériences biologiques sur son île, des traceurs aériens pistent Jack l’Eventreur. Sans oublier les terribles envahisseurs venus de la planète Mars, le Colisée et ses courses d’unicycles ou Jesse James et son colt à capteur thermique. Bien d’autres merveilles appartiennent à ce théâtre mécanique. Pour la première fois, l’univers steampunk s’étend à travers l’espace et les temps.
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