Moins les artistes communiquent, plus ils s’exposent à l’oubli 31


 

businesscardsVoici l’équivalent d’une récolte de cartes de visites sur 5 salons.

En une image, on mesure facilement l’importance de garder le contact après un salon.

 

 

Bonjour à tous,

 

Comme vous avez pu le constater, le mois de décembre a été un mois riche en rencontres artistiques et en découvertes de talents en tout genre. Je reste convaincu qu’en partageant avec vous le travail de ces nombreux artistes vous serez à la fois inspirés et assez curieux pour en savoir toujours plus. J’ai appris avec le temps qu’en observant le travail des autres, on pouvait en apprendre beaucoup plus qu’en suivant n’importe quel cours artistique. L’année prochaine, je vais continuer à partager avec vous mes excursions artistiques et les expositions qui ont l’habitude de passer inaperçues. Si certains d’entre vous se demandent encore pourquoi j’effectue ce travail en plus de mon propre travail artistique, sachez que la réponse est multiple.

 

Dans un premier temps, c’est parce que ce sont d’excellents moyens de rencontrer des personnes enrichissantes à plus d’un titre. A chaque fois qu’une conversation s’installe, j’ai cette sensation, si commune au chercheur d’or, d’avoir trouvé une pépite. Je ne cherche pas spécialement à me faire de nouveaux amis artistes et mes entretiens ne durent jamais très longtemps quand l’auteur est présent. Cependant, leur accorder la possibilité de présenter leur pratique à un autre professionnel permet d’aborder leur démarche sous un autre angle. Cela me permet de mieux la décomposer et d’exposer ici leur processus créatif.

 

Les exposer par le biais de cette plateforme est un excellent moyen de créer des discussions autour de leur art, ici ou sur les différents sociaux sur lesquels je diffuse mes articles. En vivant en Île-de-France, on vient à oublier qu’il y a d’autres français, au-delà de nos « frontières », qui ne demandent qu’à apercevoir toutes ces œuvres dont nous jouissons au quotidien. Quand je consulte la carte des pays représentants les origines des visiteurs du site, je reste surpris par certaines régions et leurs durées de consultation. Preuve s’il en faut encore que les frontières s’effacent par internet. 

 

En diffusant ces artistes, je cherche aussi à provoquer des « eurêka », des réflexions et autant de déclics créatifs dont nous avons tous besoin pour avancer. Vous n’imaginez pas tout ce que l’on peut apprendre en observant un cheval cabré en aluminium brossé. Même si le fait d’avoir développé un œil par l’intermédiaire de la pratique permet de lire plus facilement la démarche et les méthodes de création des artistes, n’importe qui est susceptible de faire une connexion entre une œuvre d’art et une pensée, pour déboucher sur une idée de création d’entreprise, par exemple. Il suffit de voir le nombre de services physiques et virtuels dédiés aux artistes qui se sont développés sur les 5 dernières années. Et je ne parle que des cas de figures les plus évidents, d’autres connexions existent mais tous les créateurs d’entreprises ne révèlent pas comment leurs idées sont nées. 

 

Je me souviens que, lors d’un salon, une artiste m’a « sauté dessus » en me disant « non, non, pas de photos ! », je me suis dit en mon fort intérieur :

« La pauvre… Comment en sommes-nous arrivés là ? » 

A une époque où l’on prend des photos depuis une paire de lunettes, pourquoi paniquer face à un appareil photo ? Qu’est-ce qui affole autant les artistes ? Qui les a poussé dans de tels retranchements ? Diffuser son art dans un salon public, sur internet par le biais d’un site, pour le diffuser encore dans un catalogue d’expo et au final refuser que l’on prenne une photo de son œuvre, par peur de quoi déjà ? La copie ? Il est clair que certains artistes sont en détresse. N’importe quel artiste avec un minimum de 3 ans de pratique est capable, avec un carnet de croquis, de figer en 5 minutes les lignes directrices d’une œuvre. Croire que l’on protège son œuvre de la copie, en la diffusant dans un salon public qui accueille plus de 40 000 visiteurs, est un vrai non sens.

 

J’essaie toujours de demander aux artistes sur leur stand si je peux prendre des images, pour éviter ce genre de situation. Mais j’essaie aussi d’en apprendre un peu plus sur leur pratique pour être certain que l’on parle le même langage, à savoir celui de l’honnêteté artistique. Je suis épuisé des chaises accrochées au plafond avec des théories de 10 pages sur le « contre-espace » pour faire rougir les « curateurs ». L’art a-t-il encore besoin de ça ? « L’art-néo-conceptuel-business » surement, mais ceci est un autre débat pour lequel je n’ai pas une seule minute à lui consacrer. 

 

En mettant en avant des artistes que je ne connaissais pas, j’ai voulu aussi vous démontrer que, parfois à quelques pas de chez nous, se cachent des talents inestimables qui enrichissent un patrimoine artistique que beaucoup tentent d’appauvrir, en limitant leurs moyens d’exposition et d’expression. Les récentes décisions en matière de politique culturelle ne peuvent malheureusement que confirmer mon propos. J’entends, comme vous, toutes les informations qui nous parlent de crise économique en boucle et qui entretiennent cette morosité ambiante. Mais comment ne pas être subjugué par des œuvres d’art si narratives qu’en rentrant chez vous votre imaginaire a déjà composé de multiples histoires autour de sa naissance et de ses messages.

 

Je suis un grand idéaliste dans l’âme qui reste convaincu que l’on peut trouver des solutions à des problèmes de société en exploitant tout simplement les ressources et les artisans de notre patrimoine artistique. Vous ne me croyez pas ? Imaginez Paris, par exemple. Enlevez maintenant la profusion artistique qui existe des fontaines aux bâtiments en passant par les parcs, que reste-t-il ? Des rues pavées à Montmartre…? Paris serait-elle vraiment une capitale touristique sans ses ouvrages d’art, alors que même les chocolatiers s’expriment par la sculpture dans cette ville. Imaginez une ville sans artiste, sans potentiel inspirant, sans volonté de créer et de diffuser de l’art sous toutes ses formes. Vous n’obtiendrez rien d’autre qu’une ville sans âme. Pour avoir déambulé aux Etats-Unis dans le centre ville de Détroit, je peux vous affirmer, sans retenue, qu’une ville sans art visible est une ville fantôme. Nous vivons dans de tels musées ouverts que nous ne connaissons pas assez la chance d’être dans un environnement si propice à la recherche et à l’innovation. Si les plus brillants esprits et créateurs étrangers viennent en masse à Paris, ce n’est pas pour la qualité du fromage mais bien pour la capacité de cette ville à vous donner 50 idées à la minute, rien qu’en longeant les quais de Seine. Le simple fait d’attendre un taxi sous la neige a permis à un « serial-entrepreneur » d’imaginer une application pour trouver un véhicule. L’application est valorisée aujourd’hui à hauteur de 3,4 milliards de dollars… 

 

En prenant le temps d’aller à la rencontre de différents salons et de différents auteurs, j’ai voulu vous montrer avec force et arguments cette énergie que l’on passe sous silence. Celle qui anime le sculpteur à modeler sa forme, celle qui anime le peintre à rendre vivante sa toile, celle qui anime les observateurs qui, comme moi, ne voient plus des masses et des volumes mais des messages. J’ai eu cette envie de prendre un mégaphone pour vous dire que les artistes de notre siècle sont aussi vivants (voir plus) que ceux du siècle dernier. A nous de leur accorder la place qu’ils méritent en leur accordant 5 minutes (soit autant qu’une partie de Candy Crush) pour capter leur message, diffuser leur art et l’acheter (dans la mesure du possible) comme le faisait nos parents et les leurs avant. Quand je vois des ventes aux enchères pendant lesquelles partent des bronzes et des toiles pour s’offrir des tablettes tactiles, je me demande à chaque fois si ce n’est pas un peu de l’esprit français qui se dilue en salles de vente. Car les français sont des amoureux de l’art, nous le savons tous. Qui n’a pas un tableau, un meuble, une sculpture ou encore une pièce rare d’un grand-parent chez lui ou dans son grenier ? Preuve qu’il y avait comme une tradition à honorer un savoir faire en faisant l’acquisition d’une pièce qui restait dans la famille, aussi bien comme un investissement que comme un plaisir à la voir au quotidien.

 

L’art en France a l’avantage d’être accessible financièrement parlant (il exonère aussi fiscalement) et les artistes multiplient les salons d’art abordable. La gratuité des musées est connue dans certains cas de figure et le seul tord que des œuvres d’art pourront vous faire, c’est d’acquérir un symbole qui, chez vous, vous rappellera qu’il y a une alternative à l’indigestion télévisuelle. Il y aura toujours dans le coin d’une pièce ou accroché au mur, cet espace transitionnel qui vous dira que :

 

L’imaginaire et l’inspiration viennent à l’esprit de ceux qui croient en d’autres possibles.

  

Pour conclure, j’aimerais proposer quelques pistes aux artistes qui exposent dans les salons et foires parisiennes ou d’ailleurs, ceux qui éprouvent des difficultés à vendre ou à fidéliser une clientèle qui n’achète pas forcément dès le premier salon.

 

Le sourire

Cette denrée rare dans les rues et les transports parisiens commence à se raréfier aussi dans les salons de la capitale. Je ne comprends toujours pas pourquoi des artistes viennent dans des salons avec cette expression de visage qui donne l’impression qu’ils vont se couper une oreille. Pour en avoir sillonné pas mal, j’ai vraiment constaté que le premier contact était vraiment important, tant pour les collectionneurs que pour les amateurs curieux. En ce qui me concerne, quand j’arrive dans un stand d’artiste, je pose souvent les mêmes questions. Mais avant de les poser, je prends le temps de regarder l’artiste et de lui adresser un bonjour avec un sourire amical. Dans la majorité des cas, les visages sont assez neutres voire fermés. A ce moment-là, je regarde si j’ai mis les bonnes chaussures et je me demande toujours inconsciemment si je me suis bien rasé. Ces vérifications effectuées, j’observe l’ensemble du stand pour y voir une cohérence dans la présentation. Au bout de plusieurs minutes, 1 artiste sur 3 vient à ma rencontre, 1 artiste sur 4 m’aborde pour me demander si je veux des explications ou non. Ce qui m’amène au second point :

 

L’attitude

J’entends souvent des artistes s’étonner de ne pas vendre. Mais, de vous à moi, comment choisissez-vous votre boulanger ? Entre deux échoppes, n’avez-vous pas plus de plaisir à vous rendre dans celle qui est la plus accueillante ? La qualité de service existe dans tous les domaines, y compris le nôtre. Plus vous ferez preuve de sociabilité et plus on s’intéressera à votre parcours et à vos œuvres. Quand un autodidacte me raconte avec quelle passion il exécute ses pièces, ça ne me donne qu’une envie : en posséder une. Pourquoi ? Parce qu’on se dit que s’il est autant passionné il va forcément réussir et sa cote risque, elle aussi, de monter dans les années à venir. Ne nous voilons pas la face, les coups de cœur existent vraiment mais les acheteurs sont de plus en plus prudents. Ne comptez pas sur eux pour mettre de l’argent dans une œuvre d’art qui sera dépréciée dès le lendemain de l’achat. Si vous véhiculez une image terne et des propos négatifs, on fera naturellement marche arrière, ce qui se traduira par deux attitudes. 

La première, c’est qu’on ne parlera pas de vous. La seconde, c’est qu’on ne vous fera pas l’honneur de vous acheter une œuvre et, dans le pire des cas, on vous déconseillera. Si on sent que vous êtes au bout du rouleau, qui aurait intérêt à vous « soulager » de vos œuvres ? Si je me permets d’être aussi ferme dans mon propos, c’est aussi parce que je vois trop d’incohérences dans les salons. Des artistes qui attendent l’acheteur miraculeux comme un pays du tiers monde l’aide humanitaire. J’ai envie de vous dire qu’il faut, comme dans tout commerce, faire rêver les gens et ceci qu’ils soient de potentiels acheteurs ou pas. Les artistes ont tout autant besoin d’ambassadeurs que n’importe quelles grandes marques.

 

Communiquez

Un stand est très cher en salon (voir de plus en plus) pourtant je vois rarement de textes de critiques voire d’historiens d’art sur les stands, en distribution libre. Ces mêmes textes que de nombreux artistes diffusent sur leur site sont inaccessibles en salon. Le résultat c’est que lorsque vous tombez sur un stand vide, vous n’avez aucun moyen de connaître la démarche de l’auteur. Je pourrais aussi évoquer les cartes de visites souvent absentes ou les QRcodes absents aussi. Par exemple, si votre nom d’artiste est trop commun, une recherche dans Google avec un site mal référencé vous rend quasiment invisible des premières pages.

N’hésitez pas non plus à parler de votre technique : si celle-ci n’est pas originale au point de nécessiter un dépôt de brevet, racontez votre processus de création. Il est très important d’apprendre à présenter ses œuvres, alors entrainez-vous avant. Vous ne savez jamais en face de qui vous êtes. De nombreux journalistes ne présentent pas leur carte de presse et laissent filer une discussion comme si de rien n’était. A vous de convaincre vos interlocuteurs de devenir des représentants de votre art.

 

Soyez réactif

Si vous recevez un email lundi et que vous le consultez, n’attendez pas jeudi de la semaine suivante pour y répondre. De nombreux artistes professionnels ne répondent pas aux mails et laissent ainsi passer la chance que l’on parle d’eux sur la durée. Ce qui m’amène à ce point très précis : Tout le monde est important. Ne vous offrez pas le luxe de choisir vos interlocuteurs en fonction d’une longueur de barbe. Ne vous fiez plus aux apparences, le milieu est très petit, alors évitez de prendre des gens de haut, sous prétexte qu’ils n’ont pas de chaussures vernies. 

 

Soyez clair dans votre message et sincère dans vos envies

Le dernier point est pour moi le plus important de tous. Ne tombez pas dans la facilité plastique sous couvert de « vouloir faire du fric ». J’ai vu tellement de pochoirs et de graffitis mal maitrisés que l’on sent l’influence des maisons de vente à plein nez. Le pire c’est quand vous lisez des biographies avec des parcours qui ne justifient même pas le résultat que vous avez sous les yeux. Mélanger du Basquiat, du Banksy et du je-ne-sais-quoi encore, ne garantit nullement des ventes. Aujourd’hui plus qu’hier, la vente d’œuvres d’art est un vrai travail de fond. Gardez simplement à l’esprit que c’est par la durée et la visibilité de votre travail que votre cote naturelle s’installera.

 


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31 commentaires sur “Moins les artistes communiquent, plus ils s’exposent à l’oubli

  • francine minvielle

    J’ai beaucoup apprécié la lecture de cet article que je trouve très juste dans l’observation des artistes-exposants des salons de la région parisienne. Les conseils que vous leur donnez leur seront sûrement très utiles.
    Je voudrais vous faire part de mon expérience récente. L’attitude de l’artiste est aussi un peu influencée par celle du visiteur. Depuis que je vis et travaille en province (j’expose aussi encore dans la région parisienne), je constate que le visiteur, avec son approche curieuse et avenante, incite ou facilite la communication qui s’établit assez naturellement avec l’artiste. Faites vous le même constat ?
    Cordialement, Francine Minvielle

    • Antoine Auteur du billet

      Merci Francine de venir apporter votre témoignage à cet article. Concernant l’attitude du visiteur, il est clair que nous avons le droit à tout et n’importe quoi. Tous les goûts sont dans la nature et personne ne se gênera pour vous dire à haute voix : « C’est beau », « c’est moche », ou encore la fameuse expression que tout le monde adore, « c’est de l’art ça ? »

      Mais n’oublions pas que le visiteur a tout intérêt à être réactif en bien ou en mal car il crée l’opportunité de discuter et de défendre son point de vue. Il n’y aurait rien de pire que l’observateur muet.

      Du coté de l’artiste, il faut absolument qu’il apprenne à descendre de sa tour d’ivoire et qu’il accepte le jeu de la communication. Il est vrai que certains salons sont plus difficiles que d’autres, et ceci peu importe la région. Cependant, celui qui est en demande a tout intérêt à être le plus cordial et disponible. Puisque son métier est d’exprimer des émotions, qu’il ne s’étonne pas d’en provoquer, en bien ou en mal.

  • LORAFY Martin

    C’est particulier comme sensation que celle que me provoque votre article !
    D’abord, il me propulse en arrière… quand, à la fin de la deuxième année de l’école des beaux-arts, j’avais refusé l’orientation vers une spécialisation « peinture » ou « sculpture », préférant « communication ». Certains profs allaient même jusqu’à me dire que je ne serais jamais un « artiste » ! Parce que je touchais à tout : calligraphie, photo, sculpture, peinture, publicité, etc… je jouais aussi du luth (tout en fabriquant mes instruments).
    Et quand j’avais décidé de ne pas rejoindre la rue d’Ulm après avoir réussi le concours des Arts, tous les profs, ce coup-là, m’avaient traité de « con » !
    Puis enfin, quand à la suite de concours publicitaires gagnés j’avais obtenu quelques places au chaud, j’ai préféré travailler en free-lance, une galère de gestion comptable et de démarches diverses…
    Par la suite, je me suis tu ! Pendant plus de 25 ans ! Mon luth s’est désaccordé du temps et mes pensés se sont saturées de coups de pinceaux, de couleurs et de signes divers…
    Je pensais que ma sensibilité et mes idées me tiendraient chaud.
    Seulement, une douleur de prisonnier solitaire face à ses murs m’a gagné, glacée, sournoise, coupante et assourdissante de silence.
    J’ai compris mon besoin de dire… de me dire, de partager, d’échanger, de découvrir et de me redécouvrir…
    Je viens de reprendre la photo avec des modèles, la peinture, la musique (en réparant mon luth) et la sculpture… je revis.
    Mais, c’est un entonnoir qui m’accueille, tellement j’ai accumulé de choses à exprimer.
    Et des gens comme vous sont là !
    MERCI

    • Antoine Auteur du billet

      Martin, votre commentaire aura eu deux effets :

      Le premier, naturel et adapté à la spontanéité de celui-ci, c’est un sourire que j’ai gardé plus de cinq minutes, je l’avoue sans honte. Le second, c’est que vous nous rappelez à tous que l’énergie créatrice, même lorsqu’elle semble être éteinte, peut se révéler être plus présente que jamais. Quand je lis que des professeurs prônaient la spécialisation au détriment de l’éclectisme, je me dis que l’on comprend peut-être un peu mieux l’absence de grands artistes français à l’échelle internationale aujourd’hui. Les talents existent pour qu’on les exprime. Si l’homme avait été créé pour être mono tache, nous serions toujours au fond des grottes. Je ne peux que vous féliciter d’avoir repris vos activités artistiques. J’espère avoir l’occasion de croiser vos oeuvres dans un salon ou dans une autre manifestation du même type. Merci à vous pour ce témoignage des plus intéressants.

  • Alexandrine

    Merci !
    Vos lignes font échos en moi, portons nous donc souvent les mêmes humeurs..c’est joli, c’est gai, c’est enthousiasmant de savoir que l »activité créative coule dans les veines et fait couler de l’encre de cette couleur ci !!
    Bravo… ne vivons plus en creux ! diffusons les sourires…et partageons nos émois créatifs, c’est une trace magique et indélébile qui se doit d’imprimer nos chemins…Merci !
    A bientôt

  • JOCELYNE BOSSCHOT

    Merci !
    votre article est intéressant, vous énoncez des vérités qu’il est toujours bon de rappeler. Je suis plasticienne, je crée en sculpture céramique, je me fais plus de salons mais des expositions personnelles dans ma région PACA. Le problème c’est que communiquer à la presse est très difficile, voire impossible…pourquoi? Je ne sais pas si cela tient à la région ou si c’est général.Peut-être faut-il bien connaître un journaliste pour qu’il soit convaincu de faire un article ou bien payer comme pour une publicité. Pouvez vous nous parler justement de la communication par les médias?

    • Antoine Auteur du billet

      Bonsoir Jocelyne,

      Il n’est pas vraiment difficile de communiquer avec différents médias. Par contre, y accorder du temps et s’organiser pour être efficace dans notre message l’est beaucoup plus. Avant de penser journaliste, région et paiement de service, il faut se recentrer sur ce que l’on veut vraiment. Vendre ? Être connu(e) localement ? nationalement ? internationalement ? Je ne parle même pas du travail de mise en lumière de notre art et de sa différenciation. Qu’est-ce qui vous rend plus légitime à être mis(e) en avant qu’un(e) autre ? Quelle est la valeur ajoutée de votre art ? Apporte-t-il vraiment un propos différent ? Voilà autant de questions que de pistes à creuser. Si vous voulez allez plus loin sur ce sujet, nous pouvons communiquer directement par mail.
      Ce site parle de créativité avant tout. J’aborderai le sujet de la communication sous l’angle de la créativité ou par l’intermédiaire de critiques de livres. Malheureusement, je ne réaliserai pas de guide à l’usage des artistes sur le sujet. Parce que je considère que c’est un vrai travail de fond et de recherches, dans la mesure où chaque artiste n’a pas besoin de la même communication que les autres.

  • ghironi

    ce que vous dites est tout à fait vrais,la communication vaut de l’or en tant que rapport humain et apprentissage .L’art ne peut pas plaire à tout le monde car il parle à la sensibilité , à l’émotion, au vécu parfois, mais toujours, une rencontre, une critique est positive, dans le sens ou elle fait réfléchir.
    venez me voir.
    j’expose un tableau « L’eau », au Salon Artoulouse » en Février et nous pourrons discuter de ma technique extrêmement rare: La laque émail à froid au couteau »
    plus près de Paris, mon atelier entre Nantes et Angers, ou vous pourriez me voir à l’oeuvre.
    Cordialemnt
    khava

  • Jacques Reverdy

    Bonjour, J’apprécie la pertinence du propos et la générosité de l’initiative. Je souscris volontiers aux observations relatées et aux conseils de bon sens prodigués. Cela dit la personnalité des ARTISTES (surtout ceux qui s’ écrivent en capitales !) est singulière, souvent introvertie et les comportements guidés par la crainte de ne pas vendre (ceux qui veulent en vivre surtout). Aucun jugement dans mes remarques, seulement le souhait que les conseils prodigués par Antoine induisent une réflexion chez chacun de nous. La lecture des différentes réponses montre chez les intervenants le plaisir pris à un échange sincère et désintéressé . Encore merci à lui. Bien cordialement. J.R.

  • Mercedes soret

    Je suis d’accord avec tout ce que vous écrivez! Je considère moi-même mon travail comme un moyen de partager mes émotion. C’est d’ailleurs le seul et unique intérêt de mon travail pour moi! Mais voilà c’est justement parce c’est le seul moyen de communication avec lequel je me sens à peu près à l’aise!!! Et je suis sûre que je ne suis pas la seule. Du coup traduire mon travail avec des mots devient vite une souffrance parce que j’ai le sentiment de le réduire à presque rien, au moins à le « maquiller » pour ne pas être ridicule.
    Promouvoir un art ou un artiste est un métier pour moi. Et c’est pas celui que j’ai choisi! Bon je fais des efforts, c’est peut-être pas une maladie incurable! Qui sait! un jour peut-être je serais poète!!!

  • MARICAU Bernard

    Evidemment les conseils (un peu simplistes) sont frappés au coin du bon sens !
    Quoi que… Il est souvent difficile de surmonter sa timidité, ses doutes et son incapacité à répondre aux questions sur son travail avec pertinence (chez beaucoup d’entre nous le trait et la couleur ont depuis longtemps remplacé les mots…) Et puis : il y a aussi l’aspect économique… Dessiner et peindre, exposer et communiquer coûte de plus en plus cher ! J’en suis à fabriquer moi-même mes cartes de visite…

  • Antoine Auteur du billet

    Merci à tous pour vos commentaires. J’ai bien compris que le sujet avait ouvert une porte, aussi bien ici que sur les réseaux sociaux (notamment Linkedin) où la question provoque de nombreuses réactions jour après jour. Parfois elles apparaissent comme contradictoires, comme ceux qui ne veulent pas payer pour exposer mais souhaitent : vendre, être connus et reconnus…

    J’ai bien entendu les arguments de chacun et compris aussi les difficultés de caractère ou économiques qui empêchent certains artistes à agir pour le mieux dans leur processus de communication. Pourtant, il faudra toujours aller au devant des autres et rendre notre art lisible et compréhensible aussi bien pour des amateurs que pour des professionnels. Sinon les oeuvres prendront la poussière au sein d’ateliers désertés par des auteurs en retrait qui n’auront jamais rencontré leur public.

    J’ajouterai qu’il y a des ouvrages qui nous aident à construire un langage, une démarche artistique ainsi que des solutions de communication à moindre coût. C’est aux artistes de savoir gérer leur temps entre production et gestion d’image. La France est un beau pays, les aides et les individus prêts à vous aider sont nombreux. Ne fermez pas les portes de la communication, sinon elles fermeront les portes de votre atelier.

    Bonne année à tous ceux qui ont participé aux échanges sur cette question, ici et ailleurs.

  • Thésée

    Je suis ravie de faire votre connaissance par le biais de votre article. Je constate que la langue de bois n’est pas de votre domaine. Je partage entièrement votre point de vue sur le sujet de votre article ! Artiste, pour vivre heureux, apprenons à communiquer et pas seulement que par notre art. J’ai également fait les mêmes constatations que vous sur certains salons et cela m’a beaucoup appris, et surtout à ne pas reproduire certaines attitudes déplaisantes que vous décrivez très justement. Je me suis beaucoup remise en question, surtout sur ma timidité, ma pudeur maladive et mes maladresses de débutante. Il n’y a pas d’âge pour apprendre. Et petit à petit, je suis allée vers les personnes. Vous savez ? Ceux et celles qui nous font l’honneur de nous rendre visite sur les foires et les salons, ne l’oublions jamais, grâce à eux nous existons. J’ai également beaucoup observé les artistes à qui je voulais ressembler pour leur qualité relationnelle et ceux à qui je ne souhaitais pas ressembler tant ils étaient peu avenants. Et je suis devenue simplement moi….Juste plus heureuse et confiante en moi. Artistiquement, Thésée

    • Antoine Auteur du billet

      Tout le plaisir est pour moi Thésée. Il semblerait que nos œuvres se soient croisées au cours d’un salon sans que nous nous soyons présentés. Essayons la prochaine fois de faire le contraire :-). J’apprécie en tout cas vos mots et j’aime la philosophie qui se dégage de vos œuvres. Il y a une vraie cohérence entre ce que vous dites et ce que vous peignez. A bientôt, ici ou ailleurs.

  • Attia véronique

    J’ai lu avec grand intérêt votre article : vos remarques sont pleine de bon sens et de réalisme. Je suis persuadée que l’échange avec le public doit être fondé sur la sincérité qu’elle que soit l’issue de l’entretien. C’est un enrichissement réciproque : ce partage des émotions et des connaissances me donnent chaque fois un nouveau souffle dans ma création. Merci encore pour vos articles.

    • Antoine Auteur du billet

      Merci Véronique,
      Vous confirmez aussi ce que je pense sur le public. C’est-à-dire que nous pouvons l’appréhender presque comme une matière que l’on utilisera dans une prochaine oeuvre. En clair, c’est une forme d’énergie et c’est à nous de savoir comment en user :-)

  • bDom

    Comment ne pas être d’accord… 😉

    mais il faut avoir franchi le cap de considérer
    qu’artiste, c’est un métier.
    Cette notion d’artistes (avec son aura castratrice inculquée
    dans les écoles d’art) est relativement récente.
    Avant, on était artisans…
    bDom

    • Antoine Auteur du billet

      Bonsoir Dominique,
      J’ai toujours considéré qu’être artiste était beaucoup plus qu’un métier, c’est un véritable mode de vie. Maintenant, chacun le vit à sa manière, certains en bohème, d’autres en chef d’entreprise et d’autres encore un mélange les deux. Il y a plus d’une façon de vivre sa vie d’artiste. L’important c’est de ne pas oublier que c’est une activité professionnelle dans laquelle on s’engage à plein temps. Et qui nécessite surtout d’être multi-tâches, aussi bien dans la production que dans la diffusion.

    • Antoine Titus Auteur du billet

      Merci pour votre message Emma. Il est toujours aussi surprenant pour moi de voir comment mes mots peuvent voyager et trouver des échos aussi positifs au-delà d’internet. J’ai été vraiment flatté de voir qu’une phrase d’un de mes articles se soit transformée en une belle citation ailleurs. Et je dois admettre que votre message me donne l’impression d’avoir reçu moi aussi un beau bouquet 😉