Salon Art Shopping 2015 au Carrousel du Louvre


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Le salon Art Shopping est un rendez-vous que les parisiens connaissent bien. Chaque année, nous avons droit à deux éditions de ce salon qui nous offre la possibilité de pouvoir acquérir des œuvres à un tarif dit « accessible ». Si la dernière édition ne m’avait pas tout à fait convaincu, celle du printemps a rempli son contrat en m’offrant la possibilité de rencontrer des personnalités aussi accueillantes que passionnantes.

 

Cette année, un espace assez important était dédié au Street Art et notamment aux performances artistiques qui se sont enchainées les unes après les autres pendant trois jours. Ces quelques images vous donneront un aperçu de ce à quoi pouvait ressembler ces sessions et leurs résultats.

 
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Gilles Candelier

 

Pour avancer plus en détail sur ce salon, je vous présente le travail du sculpteur Gilles Candelier. Celui-ci travaille ses figures avec une touche qui permet de rendre la matière vivante, voire flexible dans certains cas. Dans la pièce tout en hauteur et tout en finesse qui suit, la présence de cet homme en haut de cette pile nous donne une œuvre relativement simple mais assez détaillée pour être appréciée comme elle se doit. SalonArtShopping-P6131056

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La simplicité semble être le maître-mot dans toute son œuvre tant les formes et les sujets nous paraissent accessibles. Cependant, toute cette apparente facilité de lecture dissimule autant d’heures de travail pour parvenir à maitriser des formes qui, ensemble, donnent cette stabilité à toutes les pièces que j’ai pu apprécier sur ce stand. Il n’y avait aucune œuvre qui donnait l’impression d’avoir était bâclée ou qui manquait de maturité. Bien au contraire, certaines sculptures provoquaient un sentiment de plénitude qui, pour le coup, amenait le regard à se reposer autant qu’à se poser sur les détails.

 

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Quel est le point commun entre la sculpture qui suit et les ruines de Pompéi ? C’est au sein de ces ruines que l’on retrouve la représentation la plus ancienne de ce que l’on appelle « le carré de Sator ». Ainsi, l’ensemble de lettres que vous voyez dans cette sculpture tient son origine dans une inscription que l’on retrouve dans plusieurs lieux du monde, réalisée à différents moments de l’histoire. Pour aller plus loin lisez la définition ici, qui est complète sur le sujet. Pour revenir à la sculpture, comme les autres elle joue de la position et des formes des personnages pour s’inscrire dans l’espace. Vous remarquerez dans la vue agrandie que certains personnages constituent le texte quand d’autres l’entourent. Une œuvre en cohérence avec les autres tant dans son traitement que dans sa réalisation.

 

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Un détail de l’une des sculptures avec des personnages qui émergent de petits fragments reliés les uns aux autres. Les fragments prennent une couleur et une patine qui dans d’autres œuvres sont accordées aux personnages. En jouant ainsi sur les contrastes, l’effet de matière est encore plus saisissant dans cette sculpture murale de petite dimension.

 
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Cette composition parfaitement plate et pourtant totalement en relief était composée de nombreuses scènes qui ensemble formaient une sorte de page de BD en relief. Il y a un souhait évident de narrer une histoire. Maintenant, il ne tient qu’à chacun d’user de son imaginaire pour écrire la sienne. A de nombreuses reprises, on peut reconnaitre un personnage en référence au penseur de Rodin. Dans différentes situations si la pose ne change pas, les mises en scènes varient et nous donnent assez de matière pour ne pas se lasser de ce que l’on a sous les yeux.

 
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La majorité des artistes a tendance à l’oublier, mais le succès de vos œuvres dépend aussi du professionnalisme des galeries qui vous représentent. Si vous êtes représenté par un professionnel qui « jugera » des clients avant de les informer, ça commencera très mal pour vous. Beaucoup de galeries attirent dans leurs réserves des nouveaux auteurs à l’aide d’un fichier clients que vous ne verrez jamais. D’autres se contentent d’une belle adresse en se persuadant que ça suffira. La réalité est tout autre. Le salon du carrousel du Louvre est venu me confirmer ce que nous savions déjà. Plus votre galeriste est passionné et plus vous aurez de chances d’être remarqué et par conséquent que vos oeuvres soient vendues. En passant d’un stand à l’autre, je peux vous dire que cette année est celle qui, d’après moi, a vu le plus de galeries dont les qualités d’accueil étaient sans fausse note. C’est justement pour ça que je n’ai pas hésité à les mentionner, car elles ont toutes répondu à la base du service qu’elles doivent rendre aussi en faveur des artistes qu’elles présentent.

 

Galerie Mecanica

 

Javais entendu parler de la Galerie Mecanica par le biais de leur projet avec le peintre Peter Klasen. Vous pouvez obtenir plus d’informations sur ce projet en cliquant sur le lien suivant. Après avoir longtemps regretté de n’avoir pu être présent lors de la présentation de l’automobile, l’image s’était partiellement effacée de mon esprit. C’est donc avec étonnement que j’ai pu découvrir qu’ils avaient d’autres cartes dans leur manche, à savoir par exemple des œuvres du japonais Hideki Yoshida. L’artiste n’est pas un inconnu dans le domaine de la peinture hyperréaliste, et surtout dans sa maitrise unique des reflets. Vous pourrez apprécier les peintures de l’artiste à la galerie jusqu’au 25 juillet 2015. Pour plus de renseignements, suivez le lien ici. Le fondateur de la galerie Patrick André Laubie est aussi à l’initiative d’un musée dédié au Mecanic’Art. Je ne peux que vous inviter à vous renseigner plus précisément sur les activités de la galerie et des autres événements auxquels ils participent.

 

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Espion & Cédric Klein

 

Dans ce stand, vous pouvez en une image comprendre la variété des supports utilisés par un artiste comme Espion. Porte d’ancienne voiture, boite postale ou encore bouche d’incendie, rien ne résiste à l’assaut de cet artiste qui a eu la bonne idée de s’associer pour aller plus loin dans ses créations. Ainsi libéré de la contrainte du support, il a pu livrer sa vision des super héros qui sont si souvent à l’affiche en ce moment. Le Street Art gagne jour après jour de nouveaux acteurs qui, chacun à leur manière, commencent à se démarquer. Et cela passe autant par leur visibilité en salon que par des choix audacieux et techniques qui ont l’art de ne pas passer inaperçus. Souhaitons bonne chance à ce binôme qui, à n’en pas douter, réussira à capter son public avec des œuvres qui se jouent des supports autant iconiques que ceux qu’ils représentent.

 
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Bab’s Galerie

 

La jeune collaboratrice présente sur le stand de Bab’s Galerie était autant enthousiaste que disponible pour nous apporter les informations complémentaires nécessaires à la compréhension de certaines pièces. Ainsi de nombreux auteurs connus ou moins se côtoyaient sur ce stand où vous pouviez découvrir des œuvres d’hommes et de femmes. Un détail pour certains mais qui pour moi a toujours son importance. Dans l’ensemble, une variété de styles se côtoyait sans faute de gout, avec des formats et des techniques très variés comme vous pouvez le voir sur l’image qui suit. Une galerie qu’il faudra surveiller et qui n’hésite pas à organiser des événements qui seraient susceptibles d’intéresser certains d’entre vous. N’hésitez pas à consulter leur site internet (en cliquant ici) qui recèle d’autres œuvres d’art très intéressantes.

 
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Galerie Nunc

 

La Galerie Nunc proposait des œuvres dont la qualité n’avait d’équivalent que dans la manière dont vous étiez reçu. En discutant avec la responsable de la galerie, Charlotte Regnault, j’ai bien senti une réelle passion autant pour le Street-Art que pour le Graffiti. Elle a une manière unique de vous pousser à vous intéresser à un auteur autant qu’à un autre. Nul doute que j’étais en face d’une personne qui savait de quoi elle parlait. Si je l’écris, c’est que malheureusement ce n’est pas toujours un acquis. Nous savons bien que dans ce milieu on « lâche » beaucoup de stagiaires sur le front avec pour seule indication : essaie de lui vendre autant que tu peux… Avec cette galerie, l’amateurisme n’a pas le droit de cité, et l’envie d’assister à l’un de leurs vernissages est le seul sentiment qu’il vous restera à la fin de la discussion. D’ailleurs, à ce propos, si vous ne savez pas où aller le 4 juillet, rendez-vous à l’un de leurs vernissages (solo show de Mush cliquez ici pour en savoir plus) Quelque chose me dit que vous ne serez pas déçu. Il y avait de nombreux artistes au sein de ce stand qui proposaient des œuvres d’une grande qualité graphique. Cette disponibilité rare et cet accueil sans fard m’ont permis par la même occasion d’approcher l’auteur des œuvres que vous pouvez découvrir ci dessous :  MG la Bomba

 

Le travail de MG la Bomba sur ce type d’œuvre est vraiment digne d’intérêt sur plusieurs points. Le premier c’est un choix audacieux de proposer une réalité déformée en accord avec son lettrage tridimensionnel. Le second c’est une composition qui permet au regard de naviguer naturellement sans être accroché par des détails gênants. Enfin, le niveau de dessin est suffisamment bon pour que vous ne soyez pas à reprocher des choix esthétiques qui trahiraient des lacunes impardonnables. En conclusion, j’ajouterai que la présence de plein de petits éléments de détails ajoutent à cette peinture un petit « je ne sais quoi » qui la fait passer du statut d’œuvre de Street Art à celle d’illustration contemporaine… comme vous le savez déjà, cela n’est que mon humble point de vue sur son travail.

 

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Des trois œuvres que l’artiste présentait, c’est curieusement celle-ci qui m’a le plus parlé. Rares sont les fois où je me trouvais piégé par un tableau sans pouvoir l’expliquer. Si je trouve pourquoi cette œuvre m’a plus touché que les autres, en terme de rendu graphique, j’écrirai un nouvel article dessus. En attendant, je peux déjà vous affirmer que MG la Bomba a piqué ma curiosité et cela aboutira par une nouvelle rencontre au mois de septembre. Je ne sais pas pour vous mais ma rentrée s’annonce chargée. Et pour votre plus grand bonheur, vous pourrez en voir le résultat ici-même avec des artistes de ce niveau.

 

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Les japonais nous fascinent autant par leur culture que par leur comportement qui, parfois, déroute autant qu’il nous enchante. En parcourant les allées, je me suis attardé sur ce que je pensais être une sculpture dans un premier temps. Puis, en voyant des mains bouger, je me suis rendu compte qu’il s’agissait de l’artiste Asako Iwamizu. Plongée dans sa petite piscine et prenant soin de dessiner méticuleusement sur des ballons. L’artiste veut nous offrir une vision du monde colorée où la couleur est aussi prédominante que son message d’amour. Vaste programme en cette période. Cependant, un peu de fraicheur pop aux couleurs acidulées n’est jamais de trop par les temps qui courent. De vous à moi, je n’avais jamais assisté à une performance japonaise, c’est fait ! Allez jeter un œil à son univers en complet décalage avec ce que l’on a l’habitude de voir dans la capitale… sourire garanti en fin de navigation. Cliquez ici pour accéder à son site.

 
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En prenant le temps de faire le tour du stand où étaient présentés de nombreux auteurs japonais, je suis tombé nez à nez avec Makoto Kaneko. Ce qu’il y avait d’intéressant d’emblée dans cette rencontre c’est que j’étais face à l’exact opposé d’Asako. Une manière élégante de rappeler que le Japon c’est aussi ça : un choc culturel entre le passé et le présent, tradition et modernité.

 

Makoto Kaneko

 

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Ce qu’il y a de fascinant ici, à quelques semaines de la « Japan Expo » (festival dédié à la culture japonaise) c’est de voir comment la France a surconsommé une culture sans vraiment s’y intéresser en profondeur. Si vous demandez à n’importe qui de définir ce qu’il voit dans ces images, il n’y verra que des figurines similaires à celles que l’on peut voir dans des vitrines de magasins spécialisés. Et pourtant, le travail de Makoto Kaneko n’est pas de sculpter des figurines pour mettre en relief des personnages de mangas. Son métier consiste à fabriquer des sculptures pour tous les temples qui ont besoin d’idoles…

 

On pourrait grossièrement comparer son travail à celui d’un sculpteur de figures religieuses. Ce travail qui allie la spiritualité à l’esthétique se prolonge jusqu’à sa manière de travailler. Au dessus de l’entrée de son atelier Makoto dispose d’un autel devant lequel il effectue une petite procession avant de commencer son travail. Quand sa journée se termine, il repasse par la porte de son atelier et par conséquent par l’autel. Il effectue alors à nouveau une nouvelle petite procession et rejoint son logement. Dans la vie de tous les jours, il porte son habit traditionnel et prend bien soin de distinguer sa vie sociale de sa vie de sculpteur. La vie de cet auteur, humble et discret, recèle de nombreux détails passionnants qui mériteraient plus qu’un paragraphe. Comme par exemple sa formation qui lui permet de fabriquer des sabres traditionnels.

 

Chaque année, le salon me permet d’accéder à des personnalités assez différentes de celles que l’on peut croiser dans les ateliers parisiens. Lors d’une précédente édition, déjà, c’était une artiste coréenne qui nous avait offert ses visions et des œuvres inspirées de ses rêves. Chaque salon est aussi une occasion unique de pouvoir discuter et confronter des points de vues sur l’art avec des auteurs qui sont loin des préoccupations de notre système de retraite. Concernant Makoto, je n’ai pas obtenu toutes ces informations en discutant directement avec lui. C’est grâce à la gentillesse et la disponibilité d’un traducteur que j’ai pu entrer un peu plus dans l’univers d’un auteur qui, j’en suis certain, aurait encore plus à me dire si j’avais choisi Japonais en seconde langue. A défaut de pouvoir vous en apprendre plus, je vous laisse le soin de consulter son site et de découvrir par la même occasion un autre mode de vie.

 

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Junior Fritz Jacquet

 

Il m’arrive souvent de ne pouvoir me déplacer dans toutes les expositions qui m’intéressent. Bénéficiant de proches assez réceptifs à l’art (sans être des experts), il m’arrive de les envoyer sur le front pour moi avec une seule ligne de conduite. Je leur dis toujours : « ramenez la carte de visite de l’artiste qui vous a le plus touché, celui qui vous parait le plus honnête dans sa démarche et qui ne cherchera pas à vous embrouiller avec du vent ». Une mission qui n’est pas si simple dans des événements avec des centaines d’artistes. Mais parfois la magie opère. J’avais déjà la carte de Junior Fritz Jacquet avant d’avoir vu quoi que ce soit de lui. La chance a voulu qu’il soit présent pour cette édition et je n’ai pas été déçu de ma rencontre. Il est fort à parier que je vous reparlerai plus en détails de cet auteur dans un futur proche, tant il y a matière à vous conter une belle aventure humaine.

 

J’aurais tant à vous dire sur l’artiste, que je vais me concentrer dans un premier temps sur l’essentiel : son Art. L’art du pliage ne semble plus avoir de secret pour un auteur qui a mis des années pour apprivoiser le papier. L’art du pliage est une technique qui demande plus que de la technique, cela demande aussi une vision particulière et un sens de l’esthétisme suffisamment poussé pour vous autoriser à représenter quelque chose d’appréciable. Exercice parfaitement maitrisé pour cet artiste dont toute la toile a parlé pendant un temps grâce à son travail sur des papiers de rouleaux de toilettes. Si vous avez manqué cet épisode, vous pouvez lire l’article (en cliquant ici) qui lui est dédié sur le Huntington Post. En ce qui me concerne, c’est surtout son travail d’auteur sur des luminaires qui m’a le plus parlé. Pour entrer dans la technique, sachez juste que ses pliages ne subissent aucun ajout. Il s’agit d’une seule et même feuille qui est pliée. Et pour en avoir vu une préparée avec tout le travail de pliage, je ne peux vous dire qu’une chose : c’est impressionnant ! Disposant d’un show room dans Paris, vous pouvez accéder à son univers simplement en le contactant via son site. Pour ce qui est de ses futurs projets et des nombreuses facettes de ce talentueux artiste, si vous vous montrez patient c’est à la rentrée que vous en apprendrez plus à son sujet. En attendant, faites-vous plaisir et consultez son site en cliquant ici.

 

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Cette édition a révélé son lot de surprises et, comme je l’ai précédemment indiqué, elle m’a permis aussi de trouver de nouveaux auteurs sur lesquels je reviendrai en temps et en heure. D’ici là, soyez attentifs et n’oubliez pas de vous inscrire à la newsletter, si ce n’est pas déjà fait, pour ne pas rater les prochains articles. 😉

 

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