Les artistes peuvent-ils «ré-enchanter» le monde ? 5


 

 

ladefense_bUne installation éphémère comme on peut souvent en voir dans le quartier de la Défense. Ce quartier est l’un de ceux qui cumulent le plus d’oeuvres d’art contemporaines dans la région francilienne. Avec plus de 60 sculptures monumentales, il est devenu le plus grand musée d’art contemporain en plein air.

 

Ré-enchanter ?

 

« Ré-enchanter le monde », l’expression se veut aussi belle que la démarche. Créateurs, entrepreneurs ou simple citoyen, on vous invite de plus en plus à réécrire les règles du jeu, d’initier des sentiments forts, positifs et instigateurs de bien-être si possible. Vaste programme, à l’image d’un politique qui s’engagerait à changer la trajectoire d’un pays à l’aide d’un simple discours. Cependant, l’art de l’enchantement nécessite plus que de belles paroles et implique des actes d’envergure que bien peu s’engage à fournir.

 

Tous les avis s’accordent (le mien y compris) pour vous convaincre que le monde et surtout votre vision du monde doivent changer maintenant pour envisager un avenir meilleur. Je ne peux qu’embrasser la volonté collective qui incite à améliorer le quotidien de tous et cela par tous les moyens nécessaires. Malgré mon profond désir de faire partie de ceux qui œuvrent au changement, je constate qu’il ne se fera pas sans votre aide. Oui, vous qui lisez ces mots et qui comme les autres aimerez lire autre chose que des exécutions et des attentats. Vous pourriez être les acteurs principaux de ce nouveau long métrage qui s’intitulerait : « demain sera un monde meilleur, parce que vous le voulez bien ».

 

Une actualité oppressante qui désinforme et n’offre aucune perspective réjouissante

 

Ces derniers temps, l’actualité m’a interpellé sur un chiffre presque abstrait : 2000 milliards d’euros. Voilà le montant de la dette française. Cette dette enfle depuis 1974 et c’est sur ce point-là que j’aimerais insister. Car en fait, en prenant connaissance de ce chiffre qu’apprenons-nous vraiment ? Que tous ceux qui comme moi sont nés après cette date n’ont mathématiquement jamais connu le pays en bonne santé économique. C’est un peu comme si vous connaissiez une personne depuis que vous étiez né, qu’elle n’avait jamais quitté l’hôpital et que son état empirait année après année. Vous voyez ce que je veux dire ? Non ? Mon point de vue s’articule autour de l’idée que je n’ai jamais connu la France sous son meilleur jour. Malgré cela, j’ai toujours voulu participer à une action si grande qu’elle lui permettrait de se soigner.

 

Et je ne parle pas d’une implication citoyenne standard qui touche la majorité des gens résidents dans ce pays. Je vous parle de cette envie de faire bouger les frontières, d’abattre des murs et les clichés. Cette envie d’agir ensemble pour bâtir des principes plus grands que des essais sur l’art qui prendront la poussière dans des bibliothèques où personne n’ira. Je fais partie de cette génération dite « sacrifiée » ou, comme le dit cette ancienne chanson à succès, de cette « génération désenchantée ». Et pourtant, aujourd’hui plus que jamais, je me sens impliqué dans ce long processus de ré-enchantement.

 

J’ai cette conviction que nous sommes nombreux mais éparpillés à travers ce territoire et ailleurs à vouloir passer dans une nouvelle ère. Notre modèle économique est mort il y a longtemps, mais cela ne nous empêche pas de chercher à le révolutionner. Chacune de nos actions réfléchies et censées s’accumule avec le temps alors que nous savons pertinemment que la France fonctionne avec une horloge cassée. Qu’à cela ne tienne, nous ne remonterons pas le temps pour réécrire l’histoire, mais nous pouvons parfois l’accélérer pour booster des carrières, le rendre malléable et permettre à des événements de qualité de s’étendre dans le temps. Libre à nous de revenir sur des rencontres passées en parlant d’acteurs inconnus du grand public mais nécessaires à l’épanouissement culturel de tous. Quand je vous parle d’un salon et que celui-ci disparaît car il ne dispose plus de soutien financier, mes écrits et mes images eux restent accessibles. Le travail des organisateurs et des auteurs qui s’efface sur des plateformes officielles existe encore sur un site que j’améliore mois après mois pour qu’une trace perdure quelque part. Il m’est déjà arrivé de vouloir contacter des auteurs et de tomber directement sur une de mes pages… Les artistes qui négligent internet sont encore bien trop nombreux.

 

Aujourd’hui, je n’ai aucunement la prétention de me dresser comme un « influenceur » qui se gausserait d’un flux de 10 000 visiteurs par mois. Cependant, mon site vit comme un organisme humain et il grandit discrètement mois après mois. Si aujourd’hui je ne suis personne aux yeux de beaucoup, ce n’est pas pour autant que je ne tends pas à devenir incontournable dans l’avenir. Un exercice simple que tout créateur est capable de faire est de se projeter dans dix ans. Et dans dix ans, je pense que j’aurai couvert et diffusé des événements aussi bien en France qu’à l’étranger. Lorsque cette étape sera franchie, on se dira peut-être qu’à défaut d’être influent j’aurai été constant. N’est-ce pas là le plus important ? Garder le cap, pour ne pas dire la foi, et croire en un possible qui participe à des ambitions bien plus grandes qu’à la gestion d’un blog.

 

Dans mes précédents articles, comme par exemple « observez le monde dans lequel vous vivez » je mettais l’accent sur l’importance d’être un observateur averti pour ne pas manquer les étapes importantes d’une évolution sociétale. Je faisais la distinction entre être un acteur au sein de son environnement plus qu’un spectateur. Je ne reviendrai pas sur ce point de vue qui est pour moi fondamental. Par contre je ne cesserai, articles après articles, de vous encourager à œuvrer activement à la rémission de cette économie mourante. Un simple clic de souris, par exemple, peut vous impliquer positivement dans des projets en manque de soutien.

 

Internet a permis le développement de nouvelles économies comme Facebook, les sites de crowfunding ou encore d’opinions. Si demain je décidais de lancer une action artistique forte qui nécessitait un clic sur une pétition, seriez-vous prêt à le faire ? Beaucoup m’ont déjà signifié qu’ils le feraient ici-même, mais convaincre à une plus grande échelle est devenu plus compliqué qu’il n’y paraît. Il y a longtemps, j’avais déjà écrit sur un blog personnel une vision de ce que j’appelais la sphère d’influence. Autrement dit, notre capacité à influencer le comportement de plusieurs internautes pour nous soutenir dans le cadre d’un concours, par exemple. J’avais pu alors constater que l’implication des uns et des autres dans la réussite d’un artiste ou d’un projet était assez difficile à anticiper. Récemment, j’ai pu constater l’efficacité limitée des communautés qui se forment sur le plus important des réseaux sociaux, à savoir Facebook.

 

Le piège des réseaux sociaux au détriment des interactions humaines

 

Personnellement, j’agis toujours de manière à privilégier le contact humain car il me permet de mieux connaître mon interlocuteur. Les auteurs et les professionnels des arts sont maintenant habitués à me voir en salon ou lors d’événements artistiques. Malgré cela, si vous accédez à ma page Facebook vous constaterez qu’elle ne cumule qu’une centaine de personnes. L’avantage pour moi c’est que j’en connais la majorité et que la plupart sont actifs. Le second point important pour moi c’est que je possède autant de cartes de visite et de contacts professionnels. Avoir plus de 100 contacts crédibles me paraît déjà fort difficile à réunir et inutile au-delà si ces derniers sont des professionnels passifs. Cumuler des contacts sans les entretenir ne mène, en général, pas bien loin en terme de retombées réelles.

 

En faisant uniquement confiance aux réseaux sociaux, de nombreux porteurs de projets se sont persuadés qu’ils étaient soutenus par une communauté d’internautes. La réalité c’est que lorsqu’il est question d’une implication réelle dans un projet concret…il n’y a plus personne. Il y a quelques temps, circulait la demande d’un magazine sur Facebook sous la forme d’une demande de soutient. Au bout de plusieurs jours, la porteuse du projet s’étonnait de voir le manque d’engagement de ses « followers ». Sur le groupe Facebook dédié au magazine il est question de plus de 7000 membres. Sur la page Facebook, en revanche, elle compte moitié moins de contacts avec un peu plus de 3000 personnes. Malgré une véritable campagne publicitaire qui demandait le soutien de son action, elle n’arrivait pas à réunir 250 personnes pour la soutenir. Son projet, qui en soi faisait bénéficier à toute une communauté d’artistes d’une visibilité à grande échelle, participait à un concours pour une émission télévisée. Constat amer pour une personne qui s’impliquait autant pour les autres, mais l’expérience enseigne qu’en France on vous soutiendra plus une fois le succès acquis que dans la recherche d’appuis pour vous lancer.

 

Ce que j’ai appris en plus d’une décennie de pratique internet c’est que l’internaute prend mais ne donne pas forcément en retour. C’est l’ère de la profusion d’informations, de l’illusion de la gratuité des contenus et des sites éphémères. L’internaute obéit aux mêmes codes qu’un client lambda. Un besoin doit correspondre à une offre à un instant T. Si votre contenu plait lundi, c’est bien, mais vous ne récupérerez pas votre lectorat au prochain article comme un groupe de fans acquis à votre cause. Les journaux traditionnels, malgré leurs moyens colossaux, ont bien du mal à fidéliser sans abonnement payant, alors partir en croisade sur Facebook est une quête à la «Don Quichotte»… Les réseaux sociaux ont cette faculté de générer beaucoup de mouvements autour de vidéos ou d’images qui en soi ne changeront pas le monde. Mais c’est justement parce que le niveau d’implication est minime que la majorité des gens y souscrit. Du moins c’est ce qu’ils pensent, alors que la plupart d’entre nous a bien compris les conséquences d’un clic sur une page aux propos répréhensibles par la loi.

 

Pas besoin de réflexion ou d’analyses face à un chien qui fait du skate. On aime, on partage et on passe à autre chose. Nous vivons une période où l’insolite est roi et je prendrai plaisir à vous en parler dans un prochain texte. Par contre, pour soutenir une action qui nécessite de lire, voire de donner une opinion sur un sujet de société, les engagements sont plus rares. On pourrait me contredire en me citant de nombreux exemples comme lorsqu’en période électorale on affiche ses couleurs. Ou encore me donner l’exemple de cette jeune fille giflée et humiliée qui a bénéficié d’un soutient sans précédent. Pourtant, dans un cas comme dans un autre, on constatera que beaucoup de profils sont faux, que d’autres sont détenus par des adolescents et enfin que les commentaires trahissent des pensées parfois haineuses, à la limite de l’incitation à la violence.

 

Quand vous êtes en contact direct avec les professionnels et les personnes que vous ciblez, ils ne concluront jamais leur phrase par « LOL » ou un « like ». Si l’interaction est bonne, on aura un retour immédiat par le biais d’un engagement oral que tout le monde semble avoir oublié. Dans le meilleur des cas, vous obtiendrez un numéro de téléphone et le souvenir d’une rencontre qu’ils chercheront à réitérer. J’ai pour habitude de dire que les rencontres professionnelles sont comme les rencontres amoureuses, plus l’impression que vous laissez est positive et plus le désir de vous revoir sera grand.

 

Ré-enchanter le monde c’est aussi avoir conscience d’une réalité sociale, économique, culturelle

et ne souhaiter qu’une chose, c’est de la dépasser avec des solutions crédibles et durables.

 

Le ré-enchantement artistique est-il possible partout en France ?

 

On m’oppose souvent le confort d’une vie francilienne à celui d’une vie provinciale. Il est vrai que nous pouvons parler d’inégalités territoriales en matière d’opportunités professionnelles sans passer pour un agitateur public. La situation est bien connue ou entretenue puisque les projets artistiques durables sont difficiles à mettre en place. Cela vaut autant pour les acteurs vivant dans la région que pour ceux qui souhaitent s’y insérer.

 

Des événements disparaissent, amenuisant le nombre d’espaces d’expression

aux auteurs de plus en plus en demande de lieux d’exposition.

 

Pour créer la magie des rencontres et des coups de coeur, il faut scénographier des salons et trouver des espaces qui s’y prêtent. Malheureusement, la longue liste des salons qui s’annulent ne risque pas de diminuer. Et pour cause, aujourd’hui, on apprend que la plupart d’entre eux ne fonctionnaient que grâce aux aides de l’Etat. La biennale d’art contemporain de Bourges se voit annulée car elle coûtait 200 000 euros à la municipalité. La note étant trop salée, il est question de réfléchir à un salon dont le budget serait de 50 000 euros. L’un des rares point intéressant dans une crise économique comme la nôtre c’est que les chiffres pleuvent à n’en plus savoir quoi en faire. Dans cette grande partie de poker nationale, d’autres salons n’échappent pas au couperet, Toulouse perd donc aussi la main et doit abandonner l’idée d’un salon cette année (l’article complet est accessible ici) qui était en préparation depuis plusieurs mois. Dans la région parisienne, les Hivernales salon auquel j’avais participé lors de sa première édition se voit, lui aussi, annulé après seulement deux éditions. En s’apercevant de cette tendance à l’annulation, on pourrait se rassurer en se disant que d’autres lieux pourraient accueillir des événements comme les centres d’arts… encore faudrait-il que certains lieux soient réactifs, accessibles ou tout simplement ouverts.

 

Certaines infrastructures artistiques régionales sont plus orientées vers le public que vers les acteurs des arts ? 

 

A titre personnel, j’ai expérimenté l’insertion dans un environnement régional au travers d’une expérience assez simple. J’ai tenté l’été dernier d’aller au contact d’artistes, de centres d’art ou de structures artistiques dans la région Midi-Pyrénées. J’admets avoir été bien reçu, une situation qui m’a rappelé l’urgence de la décentralisation. A titre personnel, ce qui restera le plus marquant c’est ma demande de collaboration avec un centre d’art albigeois. J’avais envoyé un ensemble de questions pour en apprendre plus sur le centre. Je les ai approché sans user de contacts en commun ou de passe-droit, juste pour voir comment un mail d’un anonyme serait traité. Le site internet étant un peu chiche en terme de détails, tout comme les démarches nécessaires pour travailler avec eux sur des projets artistiques. J’ai adressé un ensemble de questions aux différents responsables du centre. J’avais même en bon élève préparé un questionnaire pour effectuer une interview, au cas où. J’ai obtenu une réponse rapide d’une remplaçante m’indiquant que j’aurais les réponses à mes questions le mois suivant…Et le mois suivant, j’ai attendu à nouveau un mois avant de relancer mon mail. La réponse et l’explication de ce délai d’une responsable du centre sont claires :

 

Mon mail n’était pas une priorité, car le centre en reçoit de nombreux du même type chaque jour.

 

Ah ? Donc si un centre d’art reçoit des mails d’artistes professionnels et n’y répond pas, c’est normal en fait. Surement un problème de phobie administrative ! Blague à part, nous parlons d’un centre d’art bénéficiant de subventions publiques, non ? Quand on s’interroge sur le simple rôle d’un centre d’art, voilà ce que nous apprenons sur le site de l’association DCA, association française de développement des centres d’art :

 

Ils entretiennent des rapports privilégiés avec la création artistique vivante

et se tiennent au plus près de l’actualité artistique.

 

L’éducation culturelle, le projet culturel pour ne pas dire la culture artistique sont de moins en moins une priorité en France. Ne nous voilons pas la face, il y aura toujours des nuits blanches et des événements estampillés street art qui réjouiront des électeurs des spectateurs mais qu’en est-il vraiment des auteurs? Mois après mois, des mesures sont lancées pour assimiler des corps de métier au sein d’une administration opaque et nébuleuse. Mais en terme d’efficacité réelle et concrète sur le terrain où en sommes-nous vraiment ? Il est difficile de dresser une cartographie de l’activité artistique en France tant au final les associations, les centres d’art et les musées travaillent de manière indépendante. Dans de nombreux cas de figure, ces derniers agissent de concert lors d’expositions d’envergure ou d’événements qui se développent sur une région. Cependant, il n’est pas rare de voir des artistes d’une région évincés des projets artistiques ou tout simplement jamais contactés. Ce qui est à mon humble avis le plus gros problème des artistes de France tous secteurs confondus, c’est leur incapacité à se réunir au sein d’un projet commun et durable. Si la Maison des Artistes réunit la majorité d’entre eux et assure un travail de qualité sur l’information et la diffusion d’informations, je n’ai pas trouvé d’équivalent ou d’annexes au-delà des portes franciliennes.

 

J’avais, comme un voeux pieux, souhaité découvrir un centre d’art ouvert aux artistes, bénéficiant de locaux généreux qui intègreraient des ateliers d’artistes et des ressources documentaires. Autrement dit, l’équivalent d’incubateur artistique que l’on trouve très facilement au sein de la capitale. En arpentant une partie de la région Midi-Pyrénées à la recherche de ce type d’endroit, je n’y ai pas découvert grand chose. J’admets volontiers que c’est en partie ma faute, chercher un centre d’art à Castres, quelle idée ! Un centre d’art ouvert un mardi en plein été, ailleurs ? Science fiction…

 

P7230979 Le centre d’art de Castres n’existe plus, malgré cela la plaque et différents panneaux de la ville l’indiquent comme étant encore en activité.

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Artistes, vous devez devenir les acteurs du changement,

créer la différence et réinventer la magie de l’émerveillement

 

Et si finalement tout restait à faire ? Voilà le genre de raisonnement qui ne cessait de me marteler l’esprit au fur et à mesure des mes visites en passant d’une ville à une autre. En abordant avec beaucoup de recul la faillite artistique dans laquelle baignent certaines régions de France, on pourrait commencer à recenser les acteurs des arts locaux et les sensibiliser à se réunir pour construire quelque chose de nouveau. Plutôt que de laisser croupir des responsables associatifs (parfois plus efficaces que des structures officielles) au RSA, on pourrait naturellement les accompagner pour transformer leur activité en métier. Les rendre responsables de la diffusion artistique dans leur région. Utopie ? Surement. Impossible ? Surement pas.

Quand j’arrive dans une ville, j’ai souvent des indicateurs qui ne trompent pas sur l’implication de celle-ci dans le domaine artistique. L’été dernier a été celui où j’ai perçu le moins de signes dynamiques allant dans le sens des artistes. La chose la plus impressionnante au final fut de comprendre que plus la ville est petite et plus la dynamique artistique y est forte. A croire qu’en gagnant des habitants, on s’éloigne des préoccupations artistiques. Et je ne pourrais blâmer les maires, car au final leur calcul est simple. Plus de familles est égal à plus de rentrées de revenus, donc la contruction d’une crèche aura plus de poids qu’un projet muséal à court terme.

Si beaucoup d’entre nous connaissent l’effet Bilbao, on ne pourra pas dire qu’il inspire ceux qui auraient les moyens de le reproduire. L’un des seuls projets régionaux qui pourrait s’en rapprocher a été établi dans une ville du nom de Nègrepelisse. Un nouveau centre dédié aux arts culinaires vient d’y ouvrir ses portes. Le projet architectural est de toute beauté, l’ambition de la région à la mesure d’un budget maitrisé et adapté pour relancer une activité économique dans cette zone. Souhaitons leur de réussir et d’imposer un nouveau cadre en dehors des sentiers parisiens.

 

Ré-enchanter c’est aussi croire en d’autres possibles 

 

La confiance et l’envie de changer le monde sont des bases nécessaires pour ceux qui participent au développement de la pensée positive. Cependant, s’ils sont si peu nombreux à être visibles, c’est aussi parce que l’on cloisonne des informations et que l’on préfère faire commerce des multiples mauvaises nouvelles qui nous entourent. Le ré-enchantement doit aussi se construire par la foi inébranlable de ceux qui s’en font les ambassadeurs. Si aujourd’hui je me permets de vous interpeller sur ce sujet c’est aussi parce qu’au quotidien j’essaie avec mes moyens et le peu de temps dont je dispose de véhiculer des messages, des points de vues et des travaux d’auteurs qui, à mon avis, méritent de l’attention.

 

Cette foi que j’ai en la possibilité d’une économie artistique saine et viable ne se tarie pas, au contraire elle s’alimente malgré les obstacles que l’on m’oppose. En me lisant et en diffusant mes articles, vous cautionnez cette volonté de changer de point de vue et de percevoir l’art et la créativité avec un regard moins formaté que certaines logorrhées qui permettent de vendre du papier. Je crois profondément au pouvoir des émotions d’une image et à la force d’une phrase qui peut inspirer une carrière. Si vous vous reconnaissez dans ce discours, faites le savoir. Prenez le parti d’inonder ces flux interminables d’informations par une image, une expression ou un article qui vous a touché. Ensuite, observez le résultat, est-ce qu’autour de vous cela a suscité du mouvement ? Est-ce que cela a provoqué un débat ou l’envie de se rendre à des expositions ? A ce moment-là, vous vous apercevrez que ceux qui inondent vos messageries d’âneries sont soudain muets. Il ne tient qu’à vous de les sortir de leur mutisme en réitérant sans cesse vos partages de qualité, les condamnant ainsi à réagir d’une façon ou d’une autre.

N’oubliez pas que c’est votre silence et votre inactivité qui donnent à d’autres de l’espace pour cautionner un ensemble d’idées avec lesquelles vous ne serez pas forcément d’accord. Avez-vous déjà vu une révolution avec des majorités silencieuses ?

 


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5 commentaires sur “Les artistes peuvent-ils «ré-enchanter» le monde ?

    • Antoine Titus Auteur du billet

      Merci Annie. C’est vrai que le monde change, mais ça tombe bien… nous aussi. Nous n’avons pas d’autre choix que de le comprendre au mieux pour s’y épanouir le plus justement et naturellement possible. Passe une bonne semaine 😉

  • Anne

    Petit groupement d’artisans d’art professionnels nous essayons de « ré-enchanter » le monde depuis deux ans, d’être une passerelle pour que chacun puisse s’approprier le beau au quotidien… que d’énergie donnée pour tenter d’avancer dans un monde désenchanté . Il y a pourtant tant de gens de talent derrière les murs de nos villes et de vos villages. Mais aujourd’hui l’artisan croule sous les charges, il a a faim et celui qui n’a pas pu bénéficier d’un soutien médiatique et d’appartenir au cercle fermé des « choisis par ses pères » ferme son atelier. On a passé récemment un reportage à la télévision sur l’artisanat d’art français qui s’exportait à l’étranger. Pourquoi y aurait il un problème en France ? que révèle réellement ce reportage ? Je me fais résonance à vos mots »…en France on vous soutiendra plus une fois le succès acquis que dans la recherche d’appuis pour vous lancer. »