Les artistes français, des auteurs assistés ou en manque d’assistance ? 12


 

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Le titre est volontairement osé, il attire l’œil et donne envie d’en savoir plus. Je n’ai pas voulu faire dans le sensationnalisme, l’actualité m’y a poussé. Il y a des jours comme ça où l’on n’a pas forcement prévu d’écrire ou de produire une quelconque œuvre d’art. Habitué à effectuer une veille avant de me lancer dans un projet, je suis tombé sur deux nouveaux articles parlant de la situation des artistes en France. Il y est question de RSA, de précarité et de difficultés du quotidien pour la majorité des artistes. Ces articles recensent pour moi de nombreuses erreurs que je ne cautionnerai absolument pas par mon silence.

 

Elles sont si nombreuses que je ne peux même pas toutes les traiter. Si vous me lisez depuis un moment, vous savez que je m’efforce toujours de donner des points de vue sur des sujets qui ne sont pas forcément liés à des articles d’actualité. Mais là, on a atteint un cap… un peu comme si je disais que tous les médecins roulent en Porsche, possèdent deux maisons et ne savent plus quoi faire de leur argent. Ou encore que les professeurs se la coulent douce en vacances toute l’année et qu’ils sont trop payés pour mettre des notes sur des copies qu’ils ne lisent plus ! Que ce soit dans l’attribution systématique du RSA, l’absence présumée de statut d’artiste ou dans la présentation des cas de figures : tout y est mélangé. Alors, si on repartait de zéro en commençant par la base : la définition de l’artiste plasticien.

 

Que nous dit notre ami Wikipédia sur le sujet :

 

Un plasticien (ou artiste plasticien) est un artiste ou créateur ayant pour média d’expression artistique des techniques ou des supports matériels variés, dits « plastiques ». Ce terme, apparu au xxe siècle, est lié à la pratique des arts plastiques, il englobe tous les artistes de l’art contemporain (par opposition aux anciens Beaux-Arts).

 

La définition de Wikipédia est plus que succincte mais ce qu’il faut noter avant tout c’est que l’article ne définit pas l’artiste plasticien aujourd’hui. Nous sommes nombreux à avoir une définition plus personnelle sur ce qu’est un artiste plasticien. Certains le voient comme un chercheur qui exploiterait les limites de l’acceptable. D’autres le voient comme une sorte de philosophe qui utiliserait les outils traditionnels des arts pour traiter des sujets de société. Ce ne sont pas les définitions qui manquent, mais ce qui est important, c’est que le terme « artiste plasticien » n’est en rien représentatif de tous les corps de métiers qui exercent en art contemporain. De plus, les frontières sont devenues trop poreuses pour dire que tel artiste est contemporain tandis qu’un autre ne le serait pas. Je tranche souvent la question en prenant l’art contemporain comme une période. A partir de ce moment, je préfère observer des personnalités avec des affinités de styles que des genres que l’on pourrait rattacher à des mouvements.

 

Des articles qui ne se positionnent pas vraiment sur le sujet

 

Les articles en question s’efforcent à révéler une situation sociale sans vraiment préciser les différents corps de métier et les différentes aides et statuts qui existent pour chacun d’entre eux. Pire, il est question d’absence de statut pour les artistes… Les statuts existent bien (on parle d’ailleurs de statut fiscal et de statut administratif), la feuille d’impôts qui y est adaptée aussi. Personnellement, avant de traiter un tel sujet, j’effectuerai une précision qui, d’après moi, change beaucoup de choses. Avant de prendre une tonalité dramatique pour expliquer une situation qui mérite l’attention, je le dirai sans faire de la politique :

 

Remercions la France pour ce beau cadeau qu’est le RSA.

 

Je le sais, c’est déroutant à la première lecture, mais réfléchissons tous ensemble un instant. Où est l’obligation de l’Etat d’accepter de permettre à des professionnels de toucher une allocation sociale payée par un fond qu’il dispache aux conseils régionaux ? Si pour beaucoup cet acquis est parfaitement normal, je les invite à regarder comment cela se passe ailleurs en Europe. On pourrait immédiatement me mettre face à un ensemble d’arguments tous autant valables les uns que les autres. Afin de me démontrer que ceci est une obligation minimale de la part d’un pays comme la France. Pourtant, je crois que cette allocation est tout sauf valorisante et efficace pour beaucoup de personnes, artistes ou non. J’aurais préféré que l’on accorde des espaces d’exposition obligatoires dans toutes les villes sans distinction de taille. Et des budgets dédiés à l’événementiel incompressibles, permettant ainsi de rémunérer prioritairement des acteurs locaux avec des fiches de paie avant d’en inviter d’autres payés au cachet.

 

Le RSA la plus « méprisée » des allocations qui rend l’allocataire « honteux et méprisable »

 

Le RSA c’est comme les antibiotiques, ce n’est pas automatique. A force de répéter que la majorité des artistes vit du RSA tout le monde va finir par le croire. Le RSA se calcule sur les revenus d’un foyer fiscal, ce qui induit que si votre conjoint(e) touche un salaire il y a peu de chance pour qu’on vous accorde un centime d’euro. Les artistes isolés ne sont pas rares mais dans de nombreuses municipalités où les loyers sont en dessous de 500 euros, les réalités quotidiennes sont loin de celles que l’on voit au sein des grandes villes. Une véritable étude serait à entreprendre pour effectuer un rapport entre le coût de la vie pour un auteur en fonction de sa localité, de ses frais réels, de ses gains et le montant de ses allocations.

 

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Voici une carte permettant de voir la répartition de tous les allocataires en France en 2012

 

La réalité c’est qu’il n’y a pas de chiffres précis sur la proportion d’auteurs qui touche le RSA et surtout la durée d’allocation au prorata de leur durée d’activité. Vous pouvez avoir le RSA à 30 ans, ne plus le percevoir à 32 ans et y revenir des années plus tard. Dans un cas comme celui-ci, il est difficile d’estimer correctement le nombre de personnes qui en bénéficie. Qui devons-nous vraiment prendre dans les chiffres ? Ceux qui ont effectué des études aux beaux arts et que l’académisme a certifié 100% plasticiens ? Les autodidactes qui croient (encore) aux miracles ? Ou toutes les personnes bénéficiant d’un numéro d’immatriculation de la MDA ? Toutes les personnes inscrites à la MDA ne sont pas des artistes, on y trouve parfois des décorateurs, des artisans et des designers… se déclarant peintres pour payer moins de taxes. Dans d’autres cas, plus exceptionnels comme dans le street-art par exemple, certains auteurs graffent illégalement des murs et des lieux qu’ils soient abandonnés ou non. Quand ils se déclarent à juste titre artistes, il est difficile de leur expliquer que l’on ne peut critiquer une société et en même temps embrasser l’allocation qu’elle vous délivre. A ce moment-là, n’est-il pas incohérent de les comptabiliser comme artiste précaire si dans leur choix de création la notion de subversion et d’illégalité est à la base de leur art ?

 

Officiellement, le RSA permet d’obtenir un complément à votre salaire quand celui-ci est insuffisant pour survivre. A ce titre, on ne vous autorise aucun écart et surtout aucun congés. Evitez d’en parler à vos proches et amis si vous le touchez car les réactions seront très dures à entendre : « Mais pourquoi tu ne chercherais pas du travail ? » ou encore « mais je croyais que tu avais fait des études, non ? » Les artistes m’en parlent assez souvent le regard baissé et me le disent à voix basse. Cette allocation n’est en rien valorisante car elle n’est qu’une variation du RMI. Ces trois lettres résonnaient à l’époque comme un aveu d’échec. Si vous étiez au RMI, c’est soit que vous étiez réfugié politique, soit que vous étiez à la fin de la fin de vos prestations de l’ANPE.

 

Psychologiquement, il est difficile pour un auteur de s’accorder du temps avec cette «épée de Damoclès» sur la tête. Dans le cadre d’un travail conventionnel, on vous contraint à une obligation de résultat, que l’on récompense par un salaire. Là, on vous place comme un pauvre qui profite d’un système, au lieu de vous aider à travailler sur des projets qui vous éloigneraient définitivement de la précarité. Depuis peu, les artistes ont le droit d’effectuer des formations, combien de temps encore avant de se pencher sérieusement sur la sécurité sociale et la retraite ? Dans l’un des articles évoqués, l’une des phrases qui m’a le plus marqué est la suivante :

 

“Les plasticiens n’ont rien à défendre collectivement.”

 

C’est percutant, une phrase qui en soi va à l’encontre des exemples nommés dans l’article puisqu’il y est question de regroupements d’auteurs. Mais c’est surtout une phrase qui démontre une fois de plus que l’on laisse encore trop de place à la désinformation. Si un plasticien est une personne qui s’exprime avec son art, on peut en toute franchise dire qu’il défend un droit collectif d’expression qui n’obéirait pas aux mêmes contraintes que les autres professions. De plus, les plasticiens sont tous d’accord pour s’associer à un message très simple :

 

C’est parce qu’on ne les considère pas comme étant importants qu’ils sont essentiels.

 

A partir du moment où vous bannissez d’une société les formes d’expression les plus élémentaires, celle-ci ressemble de plus en plus à une dictature. Le dessin, la peinture, la sculpture, l’écriture ou encore la danse, avant d’être des disciplines sont les bases d’une culture. En les marginalisant, en les reléguant au rang de sous-disciplines, on ne fait qu’oublier comment la France est devenue l’une des destinations les plus prisées du monde. Alors que c’est justement parce que toutes ces formes d’expression sont librement accessibles et visibles ici que le pays fascine autant. Je ne mentionnerai même pas l’ensemble des programmes et aides existantes accessibles à tous les producteurs de contenus résidant en France. Une liste de sites est accessible en fin d’article n’hésitez pas à bien les consulter.

 

Le véritable déficit en France ne concerne pas uniquement les artistes plasticiens. Il concerne tous les créateurs, qu’ils soient artistes ou non. Cette fracture est tout simplement informative. L’information concrète, efficace et utile ne se partage pas. Nombreux sont les organismes qui se font discrets pour éviter d’être assaillis par les questions. Les personnes influentes ne créent que rarement des projets d’envergure. Dans le domaine du spectacle, connaissez-vous un projet équivalent au Jamel Comedy club ? Un espace qui permet à tous les jeunes auteurs comiques de faire leur première scène, sans que l’on se soucie de leurs origines et appartenance religieuse ? Combien de nouveaux acteurs peuvent le remercier, à votre avis ? Luc Besson est l’un des rares, dans une autre mesure, à avoir bousculé les normes pour mettre en place une école ouverte à tous et des studios de cinéma au même endroit. Deux personnes qui ont d’ailleurs déjà travaillé ensemble. Et les autres ? Les grands noms du cinéma, les grands noms du théâtre, les grands noms de la musique, les grands noms des Arts plastiques… où sont leurs fondations ? Leurs écoles ? Leurs projets orientés vers les autres professionnels et aspirants créateurs ?

 

La plupart des structures qui permet aux auteurs d’obtenir des fonds ne s’est pas créée au cours de ce siècle et ce n’est pas un hasard. A une époque, on estimait la culture autant que la médecine. Soutenir un artiste aujourd’hui, dans l’esprit d’une population désinformée c’est faire de l’humanitaire. Un rapide coup d’œil sur les forums professionnels vous permettra de voir qu’il y a différentes typologies d’artistes et que tous ne se destinent pas au RSA ou à la vente. Beaucoup d’auteurs veulent avoir le droit de s’exprimer car ils ont grandit en effectuant des carrières plus pour leur parents que pour eux. Je n’ai lu dans aucun article que certains artistes veulent juste avoir le droit de se montrer publiquement, sans que ça leur coute 2000 euros pour un stand. Replaçons les choses dans leur contexte, je ne me permettrai pas de définir ici les différents types d’artistes que je croise. Mais la pluralité des personnalités mériterait des propos plus détaillés que ceux que j’ai lu. On peut être un artiste, ne pas chercher à vouloir obtenir la fortune de Jeff Koons et se placer comme un chercheur de sa propre personnalité dans son art.

 

L’information le nerf de la guerre

 

Artistes précaires relevez la tête, la solution n’est parfois pas si loin. Avoir vingt ans aujourd’hui en France c’est se confronter à un avenir incertain où les plus informés feront les bons choix et disposeront des bonnes ressources. Quand j’avais vingt ans, je suis passé à coté des nombreux concours et bourses qui étaient disponibles. De nos jours, pas un magazine d’art ne diffuse les offres de concours sur tous les médias disponibles. Les étudiants d’art peuvent faire des concours internationaux, des concours d’arts plastiques sponsorisés par Canson en France et des concours européens sans problème. Les artistes qui ont plus de 25 ans ont tellement de possibilités d’exposer gratuitement ou de participer à des concours payés et défrayés que des livres existent sur le sujet. Il suffit parfois d’aller à la bibliothèque ou de s’informer sur des sites gratuits comme ici.

 

Que vous viviez en Province ou en Ile-de-France, si personne ne vous informe efficacement vous n’obtiendrez jamais de sésame pour votre avenir. Et je crois que c’est une réalité qu’il faut écrire et rappeler sans cesse. Nous n’avons pas tous la chance d’avoir dans sa ville des ressources documentaires et humaines pour nous guider dans nos choix. Dans l’avenir, les villes devront se poser des questions simples. Est-ce qu’elles doivent emprunter plus d’argent pour payer leurs allocataires alors qu’elles ont déjà souscrit à des emprunts toxiques ? Où devront-elles réfléchir à des éco-systèmes culturels qui leur permettront de ne plus en avoir ? Avons-nous oublié que l’un des rôles d’une mairie est le mécénat ? Elle doit participer à la culture en achetant et en diffusant des biens culturels. Si vous pensiez que l’art et la politique ne sont pas liés, il est temps de relire vos cours d’histoire de l’art.

 

Je lis souvent qu’être artiste est un choix de vie, c’est vrai. Cependant, c’est aux institutions publiques de se placer en accompagnateur et non pas en débiteur. Les régions doivent permettre aux auteurs de disposer d’un droit d’exposition qui pour nous est plus qu’une reconnaissance… c’est tout simplement un droit de résidence.

 

Quelques liens utiles : 

Le site de la Maison des Artistes

Le site de la DRAC

Document à télécharger sur les residences artistiques  : 196 residences en France

Site de la CNAP   

Site de la FRAAP


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12 commentaires sur “Les artistes français, des auteurs assistés ou en manque d’assistance ?

  • batistin

    Bonjour Titus !
    Au hasard du net je viens de lire votre article. Le juger bon ou mauvais ou incomplet ou encourageant ne regarde que moi et ne vous apporterait rien ! Je me contenterai donc de vous dire ceci: Merci !
    Merci pour au moins engager une action libre, et jeter dans le vent quelque pensée porteuse de mouvement… D’ailleurs, poussé par cette sympathique brise de l’esprit, voici mon sentiment, un peu décousu, virevoltant… Ne sommes nous pas en automne ?…
    Je me présente ici brièvement, je suis artiste depuis… fort longtemps, j’ai cinquante quatre ans, et n’ai pour vivre que le bénéfice de la vente de mes oeuvres. Ceci pour éviter tout malentendu.
    Tout d’abord ceci:
    Vous écrivez, « Quand ils se déclarent à juste titre artistes, il est difficile de leur expliquer que l’on ne peut critiquer une société et en même temps embrasser l’allocation qu’elle vous délivre. », à propos des artistes exerçant le « graf » de rue, ou street art.
    Que dire alors des mouvements politiques prêchant le nationalisme exacerbé, assorti d’un racisme de campagne, et arborant plus que fièrement le drapeau républicain français ? Que dire ? Sinon que leur discours me fait perdre à chaque fois le bonnet phrygien que je croyais avoir pourtant vissé sur le crâne ! Liberté Egalité Fraternité ont disparu du fronton des mairies, regardez, et vous verrez…
    Alors, n’est-ce pas l’essence même d’une société d’individus libres penseurs, et français (!), que d’acceptez dans ses rangs des artistes en proie au doute ? N’est-ce pas à la nation, si ce mot évoque encore quelque chose, de rémunérer quelques « soldats » perturbateurs ? N’est-ce pas de la critique ouverte que naquit en son temps le siècle dit « des Lumières »…

    Ensuite, un léger petit problème technique semble vous échapper..
    Pour les artistes dits « de spectacle », il existe, entre deux spectacles, concert, théâtre… une allocation spécifique nommé « intermittence du spectacle ».
    Allocation chômage spécifique aux artistes donc.
    Mais pour les artistes, pas de « spectacle », tels les peintres et les sculpteurs, entre deux expositions, si la dernière ne fut pas assez rentable, pas d’allocation spécifique.
    Le Ministère de la Culture (et de la Communication !) indique donc le parcours à suivre pour financer la prochaine expo, acheter le matériel, subvenir à ses besoins vitaux: le RSA !!
    Mais, les fonctionnaires attachés à ce service, et ils sont fort nombreux, ne connaissent que le statut particulier d’artiste libre …
    « Artiste Libre »…!!! Mais qu’est-ce donc ?
    Et bien c’est un statut accueillant tout amateur de loisir créatif qui sera ensuite dirigé vers la création d’une micro-entreprise.
    Ce qui ne fait pas les choux gras de la Maison des Artistes qui y perd des cotisants.
    Ni des artistes entre deux expositions qui n’ont que faire de monter, en plus du numéro siret imprimé POi code APE 9003A, artiste plasticien, de monter une micro-entreprise !!
    Enfin, tout un parcours bien compliqué et inutile, puisque aucune des aides accordées au nouveaux « artistes libres créateurs d’entreprises » ne sont pas accordées à celles et à ceux qui sont déjà en possession d’un numéro de siret ! Amusant non ?

    Donc, pourquoi les artistes pas « de spectacle » n’ont-ils droit à rien entre deux expos, et que les musiciens, entre deux concerts, si ?
    Et bien, et je vous rejoins là, Titus, parce que la loi n’est que très rarement appliquée, et par les Mairies et autre organismes d’Etat qui plus est .

    Toute exposition dans un lieu public, restaurant ou Mairie, salle des fêtes ou autre Maison de la Culture, se doit d’être validée, comme cela est pratiqué pour les musiciens ou troupe de théâtre, par un contrat. Un contrat pour « prestation artistique à durée déterminée » !
    Si cette loi était appliquée, les peintres et sculpteurs auraient en leur possession un « nombre d’heures de travail » suffisant pour justifier le versement à leur bénéfice de l’allocation d’intermittent du spectacle !

    Le Ministère de la Culture et de la Communication ne se sent pas responsable de l’inadéquation juridique dans laquelle se mettent les entreprises ou services publics qui accueillent des expositions sans signature de contrat préalable. Donc, … le renvoi vers le RSA des artistes en difficulté passagère n’est qu’une façon simple de ne pas prendre de front le problème.

    Il en va de même pour la loi du 1% pour l’art, loi censée attribuer sur appel d’offre 1% du budget de construction des bâtiments public à une oeuvre d’art (fontaine, peinture ou tapisserie, ce que l’on veut mais artistique ). Si cette loi est appliquée peut-être dans les grandes villes françaises, toutes les constructions publiques en campagne, de la salle des fêtes en passant par le gymnase, ne semblent pas toujours parfaitement en adéquation !!

    Tout ceci Titus, sans oublier de vous parler de ce qui nous intéresse le plus au fond: la démarche artistique .
    J’ai lu avec plaisir, sur un autre de vos articles, comment vous travaillez, et travaillez sans cesse.. et conseillez de le faire pour nourrir notre inspiration..
    Et c’est bien là le fond du problème quand l’art « conceptuel » encore tenant principal du « marché de l’art » s’est depuis un demi siècle séparé du travail.
    Le mot même semble presque vulgaire, employé dans les salons où l’on frappe le marteau aux enchères en guise de diplôme !
    Quand la raison d’être d’une oeuvre n’est plus que la valeur marchande qu’elle pourra représenter.

    Mais enfin, de tout temps les artistes n’ont survécu que par les Princes. Et, si ceux de notre temps bénéficient en France d’une exonération de l’impôt sur la fortune pour l’achat d’oeuvre d’art, ce qui explique surement la profusion d’oeuvres chères mais si creuses parfois, rien ne pourra remplacer le plaisir qui nous lie, nous artistes, au plaisir du « travail manuel » !

    Salutations amicales
    Batistin

    • Antoine Titus Auteur du billet

      Merci Batistin pour avoir osé émettre un point de vue sur la situation et la densité de votre réponse. Rares sont les auteurs qui sortent de l’anonymat pour exprimer une vision si engagée. Je ne reviendrai que sur deux points. Le premier c’est que je n’ai pas abordé la situation des artistes du spectacle car ces derniers savent parfaitement comment gérer leurs statut, droit et combat. Quitte à se mettre à nu (comme je l’ai déjà mentionné dans un autre article) devant une ministre de la culture pour se faire entendre, ils ont dans leur culture cette aisance de communication qui leur permet de défendre leur cause sans aucune aide extérieure. Mon article est à prendre comme une réponse à des croyances erronées que même des artistes partagent sur les réseaux sociaux sans réfléchir aux conséquences sur la dégradation de la perception d’un métier. Enfin, comme la majorité des internautes, vous pouvez utiliser mon prénom pour intervenir dans les commentaires. Titus n’est ni un pseudo, ni un nom d’artiste mais mon véritable nom de famille 😉

      Amicalement

      Antoine

      • Danielle Raspini

        Ce qu’il y a de certain c’est que nous sommes sur des marchés extrêmement différents au point que l’on ne sait plus bien de quoi nous parlons vraiment. Vivre de sa peinture devient de plus en plus difficile. Si les galeries ferment les unes après les autres c’est aussi parce que les ventes se sont singulièrement amaigries depuis quelques années malgré les annonces flamboyantes d’une certaine minorité.
        Aujourd’hui, en ce qui me concerne, seul le public m’intéresse. Et lui aussi ne sait plus où il en est, mais voilà bien un autre sujet.

        • Antoine Titus Auteur du billet

          Danielle, si les galeries ferment aujourd’hui ce n’est pas un problème de vente mais de changement des places de vente. Internet a changé la donne en matière de vente d’oeuvres d’art. C’est justement l’objet d’un de mes prochains articles. Nous pourrons alors discuter du marché de l’art à ce moment-là :-)

  • Pasino

    Bonjour,

    Dommage que ce billet soit si bavard !
    A trop vouloir démonter quelque chose (mais quoi, au fait ?), on n’arrive pas bien à suivre le propos.
    Après lecture (en diagonale, car trop long), je crois avoir deviné que l’auteur préférerait disposer d’un local où exposer plutôt que d’une pension plus ou moins aléatoire. C’est bien ça ?
    je vais tâcher de lui répondre du point de vue du conseiller municipal que je suis.
    Pour ce qui est du RSA, me semble bien que le plombier, autre professionnel indépendant, peut y prétendre si besoin, mais c’est là de la compétence du Conseil régional.
    Quant aux locaux, ben… L’auteur réclame un « lieu ». Fort bien. Mais les musicos, les théâtreux, les joueurs de dominos aussi en réclament, et un territoire municipal n’est pas extensible. Et puis, mettre à disposition un local, quel qu’il soit, demande à ce qu’il soit en conformité avec des tas de règlements dont le fameux ERP (établissements recevant du public).
    Ceci posé, il y a un point très important : QUI serait en droit de demander cette mise à disposition : tout le monde ou seulement « les bons » ? Et sur quels critères ?
    Vous vous gourez, camarade : permettre à n’importe qui de montrer n’importe quoi ne peut desservir le « mitan ». Un mauvais musicien, un bruiteur, se « fait sortir » très vite, par contre un mauvais plasticien, ne faisant pas de bruit, sera ignoré. Mais il occupera l’espace au détriment de collègues plus talentueux.

    • Antoine Titus Auteur du billet

      Cher Monsieur,

      Je suis désolé d’avoir osé amener une écriture et un discours différents de vos lectures habituelles. En effet, ici, vous ne trouverez aucune brève ou condensé de « créativité pour les nuls ». N’allez pas croire par cette référence que je cherche à vous dévaluer. Pour cela, il faudrait vous connaître. Et le noeud du problème ici, c’est votre anonymat. Vous vous présentez comme un conseiller municipal sans préciser votre ville d’exercice et sans indiquer votre rôle précis au sein de celle-ci. Internet est le royaume des anonymes et des usurpateurs d’identité, vous auriez très bien pu vous présenter avec n’importe quel autre titre.

      Pour faire court, puisque la lecture vous est difficile, je vais revenir sur deux points. Le premier est que si vous lisez en diagonale les documents qui circulent dans votre mairie, je ne peux que me réjouir de ne pas vivre dans la même ville que vous. Le second, et dernier point, car dès maintenant vous devez avoir les yeux qui piquent. Apprenez que l’un des critères de sélection utilisés en France lors d’attribution d’espaces est votre capacité à démontrer la qualité et la pertinence de votre parcours artistique. Je vous laisse le soin de « deviner » le reste des points que l’on pourrait soumettre à la suite de votre message qui, à défaut d’argumenter et d’informer, démontre votre sentiment à l’égard de ceux qui pratiquent et se passionnent pour un art.

  • yvan

    bonjour
    texte intéressant mais qui semble effleurer seulement l’un des nœuds du problème. Certes avoir une salle pour montrer ses créations c’est bien, encore faut il avoir la communication qui va avec…. mais des tas d’artistes montrent leur travail dans différents lieux et ça ne change pas le problème de fond : la rémunération. Parce que ce n’est pas parce que vous avez une salle pour montrer votre travail que vous vendez…. il y a la position de l’artiste vis à vis de son expo… et là j’ai pu remarquer par ma propre expérience que l’artiste est plus en recherche d’approbation et de reconnaissance que de ventes ; il est prompt à accuser les autres de ne pas vouloir acheter ou de ne pas lui donner les moyens de vendre, il oublie souvent qu’il est réticent lui même aux techniques de vente, qui pourtant sont éprouvés…. et c’est souvent là que le bas blesse du coté des artistes français ( je ne connais pas beaucoup les autres) pour ce que j’ai pu en voir… je ne parlerais pas de la gestion des égos qui vaut aussi le détour mais qui m’a fait comprendre pourquoi le marché de l’art étaient sur des artistes morts….

  • JÉROME

    Bonsoir,
    Je découvre tes articles. Pas mal du tout. Jamais très simple de renter de plain-pied dans des sujets de ce genre quand on n’a pas forcément pour soi l’expérience de l’accompagnement de ces publics. Comme souvent, le diable est dans le détail.
    Une toute petite erreur, quand tu écris : r un fond qu’il dispache aux conseils régionaux ? Non, ce sont les conseils départementaux qui assurent la gestion du dispositif et le paiement de l’allocation.
    Ton article sur les auteurs de bande dessinée est très bien également
    Bien à toi

  • Maya

    En effet le RSA est un sujet tabou, surtout chez les artistes creveurs de dalles que sont les peintres, sculpteurs, musiciens professionnels dont l’activité n’est pas « rentable’ pour l’administration. Qui peut croire qu’avec un rsa on se gave ?