Vernissage de l’exposition Lauffray-Alice-Charbonnel à la Galerie Bayart 2


bayart
 

Mes week-end de repos sont exactement comme les vôtres : rares et précieux. Pourtant, une date figurait en rouge dans mon agenda, le Samedi 7 novembre. Rien n’aurait pu m’empêcher de me rendre sur Paris pour ce vernissage d’exception. Ce jour là, 3 grandes personnalités des arts étaient réunies au sein d’une galerie à deux pas de l’école des beaux arts. Hasard de calendrier, sur mon chemin, les diplômés des beaux arts de Paris ayant obtenu les félicitations du jury exposaient leurs productions. Des centaines de M2 dédiées à des concepts qui, à mon humble avis, n’auraient jamais dû quitter le carnet de notes. Enfin, pour peu qu’un jour il y ait eu un carnet… J’attribuerai une mention spéciale pour une couverture de survie qui se déroulait depuis le plafond. C’est le genre de moment intense de contemporanéité masturbatoire que l’on vit peu dans une vie… J’aurais dû photographier le visage de ma compagne lorsqu’elle a découvert un amas de plâtre, que l’on a essayé de faire passer pour une sculpture. L’espace d’un moment elle a pris cette expression qui l’a fait ressembler à une véritable peinture de Munch, sans le cri.

 

En même temps, ce qui est fascinant dans le quartier Saint Germain, c’est qu’en période de vernissages vous pouvez passer du vide symbolique au plein sensoriel. C’est justement de consistance dont il était question à la Galerie Bayart. Des œuvres de qualité dans un petit espace exigu au sein duquel se sont massés en nombre amateurs, passionnés et même quelques uns de mes contacts facebook que j’ai reconnus par inadvertance. J’ai eu la chance de pouvoir longuement discuter avec trois auteurs dont les noms vont résonner comme des formules magiques aux oreilles des passionnés d’art. Mathieu Lauffray, Alex Alice et Christophe Charbonnel, trois grands noms que l’on ne voit pas assez souvent dans tous les médias confondus. Des artistes qui, chacun à leur manière, ont apporté respectivement des briques à cette immense fondation qu’est la création contemporaine française. Comme vous le savez depuis le temps, je ne cloisonne pas les arts de manière hermétique car je crois en la présence d’un mouvement global qui permet aux artistes et aux arts de se faire écho en permanence. Dans un cas de figure comme celui-ci cette théorie prend tout son sens.

 

Commençons avec Mathieu Lauffray : un artiste dont vous avez pu voir les mains dans une séquence clé du Pacte des loups, un concept designer qui a dessiné des éléments de décors pour de grosses productions américaines. Et surtout, un auteur qui a su alterner ses productions tout en gagnant en compétences. Il suffit de comparer ses premiers tableaux à ses dernières huiles pour y voir une passion autant pour les sujets que les médiums qui lui permettent de les illustrer. Il est parfaitement capable de passer de l’art numérique aux arts traditionnels. Il a su démontrer sa crédibilité et son professionnalisme sur de nombreux plans par l’intermédiaire de projets hétéroclites. La conséquence de cette capacité à passer d’un média à un autre s’est fortement ressentie lors des dernières ventes aux enchères, où l’une de ses planches a été adjugée à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Un des nombreux gages, s’il en faut encore, que je ne suis pas le seul à avoir remarqué depuis longtemps le potentiel de ce créateur.

 

Au sein de la galerie ses esquisses et peintures étaient toutes tirées de son projet « Long John Silver ». Une bande dessinée éponyme qui a tout simplement réveillé le genre et amené une esthétique rare dans une thématique archi exploitée. Ses travaux que l’on a pu apercevoir en galerie ont servi de base au sculpteur Christophe Charbonnel qui a pu ainsi mettre en volume le personnage phare de cette saga haute en couleurs. Si vous n’aviez jamais entendu parlé de l’auteur et de son œuvre, vous pouvez effectuer votre mise à jour en cliquant ici.

 BAYART_2015_PB071928BAYART_2015_PB071934

BAYART_2015L’alternance des planches des auteurs avec les sculptures de Christophe Charbonnel est une bonne manière de comprendre comment des interactions avec des univers et des créateurs distincts peuvent amener à la création de pièces d’exception.

BAYART_2015_PB071930BAYART_2015_PB072018
 

Alex Alice, quant à lui, est un auteur de BD qui a conquis son lectorat et s’est imposé parmi les pointures établies de la bande dessinée alors qu’il n’avait qu’une vingtaine d’années… « Le troisième testament » est son œuvre qui a le plus marqué les esprits. Les planches de « Siegfried » qui étaient exposées au sein de la galerie permettaient de voir le bond de progression et la maturité d’un trait qui a enivré les lecteurs de cette saga en trois tomes. Une histoire aux accents cinématographiques qui pourrait parfaitement s’adapter au cinéma. D’ailleurs, les rares chanceux qui ont acheté à l’époque un tirage spécial savent pertinemment qu’un projet de film d’animation évolue dans les cartons de l’auteur. Comme je suis certain que vous voulez voir ce projet voici la vidéo de la bande annonce.

 

 

Je ne serai pas le plus objectif pour vous dire que « Siegfried » est l’une des meilleures bandes dessinées que j’ai pu avoir entre les mains. Pour ma décharge, sachez que le travail fourni sur les versions collector a amené une qualité difficilement reproductible. Elles ont été conçues avec un respect pour le lecteur et une quantité de bonus que l’on ne voit plus beaucoup en ce moment dans les rayons. Je vous laisse à présent découvrir les planches et les sculptures autour de cette œuvre magique.

 BAYART_2015_PB071986BAYART_2015_PB071987BAYART_2015_PB072001BAYART_2015_PB071972BAYART_2015_PB071938
 

Christophe Charbonnel est un sculpteur qui a fait ses premières armes dans les studio de Disney à Montreuil. Développant ses aptitudes de sculpteur avec l’aide de Philippe Seené, il a su développer son art et l’imposer naturellement aussi bien dans l’espace public par le biais de commandes que dans des espaces privés comme des hôtels de luxe. Cet artiste modèle ses sculptures en les construisant, pas à pas, par ajouts de matières successifs. Chaque geste de construction et de finition est parfaitement lisible sur des œuvres très marquées. Les trajectoires des outils se devinent grâce à la direction des lignes visibles le long des corps. Une sculpture vivante et enivrante qui rend honneur aux travaux d’auteurs dont les œuvres initiales étaient assez fortes indépendamment de cette approche. La ville de Compiègne a récemment honoré ce sculpteur en lui permettant de disposer différentes sculptures au sein de la ville constituant ainsi un parcours unique avec des créations hors normes. Vous pourrez en apprendre un peu plus sur cet auteur en cliquant sur le lien suivant.

 BAYART_2015_PB071926BAYART_2015_PB071940BAYART_2015_PB071948
BAYART_2015_PB071951BAYART_2015_PB071978

BAYART_2015_PB072021

BAYART_2015_PB071995BAYART_2015_PB071964
 

En conclusion, une journée d’exception comme on en voit peu dans la capitale. Rassurez-vous cependant, vous avez jusqu’au 12 décembre pour voir ces pièces en galerie. Dans le pire des cas, vous pourrez toujours venir vous faire du bien en revenant voir les images de cet article :-)


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

2 commentaires sur “Vernissage de l’exposition Lauffray-Alice-Charbonnel à la Galerie Bayart