Musée du Havre André Malraux : Le MUMA


Comme vous le savez, je n’ai pas de frontières. J’ai pris l’habitude depuis longtemps maintenant de vous emmener avec moi lors de mes séjours artistiques. Ne connaissant absolument pas la ville du Havre, je ne pouvais pas vous mettre à l’écart de cette découverte. Le musée d’art moderne du Havre André Malraux, plus communément appelé le MUMA, est l’un des plus beaux musées de province. Possédant une importante collection d’œuvres impressionnistes, il ravira n’importe quel amateur d’art. Le bâtiment que vous pouvez voir aujourd’hui est le fruit d’un investissement sur le long terme. Il bénéficie d’une histoire aussi passionnante que les peintures qu’il héberge.

Initialement, il y avait un musée qui a subi les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. A la suite de ce tragique événement, la décision fut prise de créer un nouvel espace dédié à la culture. Un lieu différent qui trouverait sa place dans une France où la culture était alors une priorité … une autre époque en somme. Ci-dessous, un aperçu du musée avant sa destruction.

 

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Le Musée

 

D’un point de vue architectural, le bâtiment a connu plusieurs phases, dont la dernière fut confiée à un cabinet d’architecture (Emmanuelle et Laurent Beaudouin) entre les années 1995 et 1999. Point de courbes ou d’effets de style dans les découpes de ces murs. Une apparence simple et épurée, rehaussée par un espace vitré qui occupe la majeure partie de ce bâtiment.

 

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L’emplacement, la forme et l’idée de la sculpture en position frontale permettent de bien marquer l’ambition du musée dans le champs visuel. La sculpture positionnée face au musée se nomme le Signal. Elle a été commandée par l’Etat à Henri Georges Adam.

 
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Une petite maquette est visible avant d’accéder à la partie restaurant. Elle permet de bien visualiser l’ensemble de ce volume.

 

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Comme cela pouvait être prévisible, l’espace intérieur baigne constamment dans la lumière. Il permet au visiteur de ne pas ressentir un sentiment d’oppression durant sa visite.

 

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Les panneaux successifs structurent les lieux et sont au service d’une visite libre et sans contraintes labyrinthiques. Le choix d’un espace ouvert autorise un maximum d’agencements. La configuration des lieux peut ainsi passer d’un aménagement à l’autre en fonction des expositions. Nul doute que les plus créatifs visualiseront sans peine le potentiel des expositions possibles.

 

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Peu importe le point de vue, du rez-de-chaussée à la mezzanine, on ressent toujours autant de plaisir à se promener au milieu des œuvres. Les multiples points de sources de lumière amènent, quant à eux, une impression digne d’une cathédrale.

 
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Disposant d’une incroyable collection de peintures impressionnistes, il est possible de ravir n’importe quel amateur avec un fonds de cette nature. De nombreuses peintures arborent fièrement des signatures comme Courbet, Degas, Monet, pour ne citer que les plus connues. D’autres pièces plus courantes, mais savamment disposées dans le parcours, viennent à enivrer les yeux et nourrir les plus insatiables des passionnés d’art.

 
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Ce qui est certain c’est que l’on sait comment vous exposer au musée du Havre. Outre la salle principale, il y a encore d’autres espaces très bien éclairés. Ils sont aussi assez spacieux pour accueillir de nombreux visiteurs sans qu’ils se marchent dessus.

 

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musee-du-havre-andree-malraux-2016-pc236735Un immense mur à l’étage permet de présenter toute une collection de peintures du même thème.

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La collection

 

Être à une dizaine de centimètres d’une signature de Degas donne une tonalité plus intime à votre visite. D’autant plus que ce jour-là, nous n’étions qu’une poignée à découvrir ces chefs d’œuvres sans un bruit. Oubliez les bousculades, les frémissements de groupes de perchistes tentant d’improbables selfies. Au musée du Havre, vous êtes face à l’œuvre, sans carte VIP hors de prix et sans stress.

 
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Les peintures de Renoir font partie des perles de la collection du musée. En une visite, vous aurez la possibilité de voir des œuvres variées mais complémentaires, représentant différents modèles du peintre. Comme ci-dessous avec Nini Lopez, appelée aussi « Nini gueule de raie ». Pour en savoir plus sur elle, vous pouvez cliquer ici.

 

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Les portraits se succèdent mais ne se ressemblent pas.

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Une œuvre de Gustave Courbet qui (si vous me permettez le jeu de mot) causera moins de vague que l’origine du monde

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musee-du-havre-andree-malraux-2016-pc236677Il y a des peintures très imposantes qui vous confronteront à une toute autre échelle artistique.

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Par contre, le musée se montre assez pauvre en matière de sculptures. La raison est directement liée aux nombreux bombardements qui ne leur ont laissé aucune chance de survie. Malgré tout, quatre bustes sont visibles, dont deux « Bourdelle », ce qui en soit n’est pas assez pour visualiser un style ou une époque. Il serait bon d’y voir dans un proche avenir quelques pièces supplémentaires.

 

musee-du-havre-andree-malraux-2016-pc236713« Nubienne » de Charles Cordier

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musee-du-havre-andree-malraux-PC236699« Nubien, Saïd Abdallah de la tribu de Mayac royaume du Darfour » de Charles Cordier

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L’exposition temporaire : Jacqueline Salmon

 

Le musée propose régulièrement des expositions thématiques. Lors de mon passage, c’est l’artiste Jacqueline Salmon qui était exposée et ceci jusqu’au 23 avril 2017. Le travail de cette photographe a pour thème de référence les nuages. Proposant une vision poétique sublimée par des juxtapositions de données météorologiques, certains des tirages présents offraient d’incroyables panoramiques.

 

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Les travaux présentés au sein du musée étaient le résultat de différentes résidences artistiques. Le tirage ci-dessus, par exemple, a été  effectué dans le cadre de l’une d’entre elles, à l’hôtel des arts de Toulon. Il y avait sur ces différents panneaux des images composées avec le même procédé. Une rencontre entre des données météorologiques et des images de paysages nuageux.

 
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Un zoom s’impose pour bien saisir le mouvement et la représentation de ces données.

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En plus des photographies, il était possible de voir les anciens travaux de cette artiste. Il y avait des compositions et autres confrontations qui donnaient à voir une démarche artistique longue et plus subtile. L’image ci-dessous présente des captations d’un livre ouvert. Les réserves du Muséum d’histoire naturelle de Toulon conservait dans ses archives ce magnifique Alguier. Recensant des algues des cotes normandes, l’artiste y a perçu un écho à son travail et les présente comme des œuvres d’art. Elle a été fascinée par l’aspect haut en couleurs des pages de ce recueil. Elle n’a pas hésité à photographier ces pages pour en faire ressortir tout l’aspect pictural. Ce travail de recherches et de conservation était resté jusqu’à ce jour invisible… et anonyme. Jacqueline Salmon dira de celui-ci : « il faut le regarder cet alguier comme un objet de méditation autant sur l’homme que la nature ». On ne peut qu’abonder dans sons sens.

 
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En observant un alguier de plus près, on s’aperçoit de la richesse colorimétrique des algues. Rien qu’en voyant toutes ces planches alignées, n’importe quel créatif saura exactement comment s’en inspirer. Une seule planche, comme celle présentée ci-dessous, vous montre comment nous avons encore tant à prendre en terme d’inspiration dans la nature.

 
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Ce superbe travail de composition et de conservation donne aussi à réfléchir sur tous ces documents isolés qui manquent de valorisation aujourd’hui encore. Combien de pièces de cette nature dorment au fond des musées ?

 
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Dans un tout autre genre mais avec une démarche équivalente, Jacqueline Salmon n’hésite pas à présenter des registres qui fonctionnent comme des carnets de voyage. En laissant jouer le hasard, l’artiste a pu découvrir ces documents composés en doubles pages. Ces derniers présentent des thématiques en adéquation avec son travail.
 
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D’autres œuvres plus anciennes permettaient de bien comprendre le cheminement artistique de l’auteur. Des travaux qui faisaient le lien avec l’écriture, le symbole et la confrontation avec des alphabets en langues étrangères.
 
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Pour en savoir plus sur l’exposition Jacqueline Salmon cliquez ici

 

En conclusion, je dirai que la visite du musée du Havre est tout simplement obligatoire si vous vous rendez dans cette région. Il a la particularité d’être comme une petite perle architecturale, positionnée en front de mer. Tout a été pensé pour offrir la plus belle des lumières à des œuvres d’art qui rayonnent d’elles-mêmes. L’histoire est partout, aussi bien dans les murs que sur les toiles. J’ai dû me résoudre à ne pas diffuser l’intégralité de la collection, tellement elle est riche, variée et inspirante. Comment ne pas s’enthousiasmer devant ce projet qui est devenu une référence muséale et qui dispose d’un fonds d’une telle qualité. Rendez-vous sur le site du musée. Il est très bien fait et vous donnera beaucoup plus de détails sur tous les éléments historiques qui s’y rapportent. Pour accéder au site cliquez ici.

D’ici peu, un immense festival pour les 500 ans du Havre présentera différents événements artistiques au sein de la ville. Cela pourrait être un prétexte pour grossir les rangs des visiteurs qui, chaque année, sont de plus en plus nombreux à parcourir le Havre.

 
 

42,87 km2 sous le ciel


La ville entière et tous ceux qui la peuplent, tous les objets et tous les signes qui la racontent à elle-même et à ceux qui passent, voilà quel aura été le matériau de Jacqueline Salmon pendant des mois et des mois, arpentant les rues de Toulon, sondant en souriant étonnée toute cette archive vivante. Un travail de collecte infini, se trouvant à chaque pas de nouvelles ramifications, de nouvelles issues, en des séries ricochant sur elles-mêmes pour former un réseau où chaque image, tout en communiquant avec toutes les autres, peut aussi s’isoler et mener une vie autonome : un visage, un arbre, une boutique, une rue, une fête, un recoin, une étendue, chaque image comme un pli de sens, un indice, une incise, une entrée dans la matière de la ville. Et toutes ensemble comme un labyrinthe sans modèle posé sous la furia légère du vent, témoin actif de tous les gestes par lesquels la ville se déploie.
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