L’Art et les Artistes dans les séries TV 2


 

Aujourd’hui, j’ai eu envie d’aborder avec vous un sujet un peu plus léger, et par la même occasion annonciateur d’une période estivale en approche. Ne nous le cachons pas, avec les beaux jours, on apprécie toujours de lire des choses plus distrayantes que cette actualité de plus en plus morbide. Comme pour vous offrir un apéritif fruité aux douces saveurs de l’été, je vous propose de me suivre dans une petite incursion au sein du monde des séries télévisées.

Les séries TV occupent un large champ de l’espace télévisuel, que ce soit en Europe ou dans le reste du monde. Les conséquences de ces heures de diffusion qui s’affranchissent des frontières se remarquent aussi bien sur un plan social que culturel. Par exemple, l’influence des séries américaines est si forte qu’elle dépasse le domaine de la mode. Bien qu’aujourd’hui des blogs se spécialisent dans la recherche des vêtements portés par des personnages de fiction, il arrive que des coutumes et des pratiques juridiques transpirent du domaine télévisuel pour atterrir dans l’inconscient collectif. A votre avis, combien de personnes pensent que les agents de police ont besoin « d’un mandat » pour rentrer chez elles ?

Les séries TV ont des genres, des codes et des structures narratives qui les ont élevé au rang d’œuvres d’art télévisuelles. La série « Twin Peaks » en est un exemple criant avec ses séquences devenues cultes. Si je vous parle d’un nain qui émerge d’un rideau rouge pour effectuer une danse, ça vous dit quelque chose ? Si ce n’est pas le cas, ce n’est pas grave, vous pouvez dès à présent « consommer » des séries à très forte dose sans devoir subir ce temps d’attente que seuls les plus vieux connaissent maintenant. Et c’est justement quand je décide de regarder des saisons entières sur une très courte période que je m’aperçois de tous les messages subliminaux que nous recevons sans y prêter attention. J’aurais pu vous parler du placement de produits (la marque Beats va bientôt entrer dans le livre Guinness des records) ou des codes vestimentaires, mais vous êtes sur un site où l’art tient une place prépondérante, alors ne dérogeons pas à la règle.

 

Les séries TV une fenêtre ouverte sur le musée ?

 

« Je n’y connais rien », « l’art ne m’intéresse pas », « moi, l’art, bof ! », voici un court extrait de tout ce que j’entends quotidiennement quand j’interpelle les adolescents comme les adultes sur la question de l’art. Et pourtant, je me suis intéressé récemment à un phénomène que je trouve de plus en plus récurrent, à savoir : l’intégration de l’art dans le contenu audiovisuel américain. Pour étoffer ma réflexion, je me suis fondé sur des séries TV très regardées en ce moment : de l’inévitable série « The Walking Dead » à l’adaptation du roman éponyme « The One Hundred », l’art et majoritairement la peinture servent souvent de références, de base ou de caution pour matérialiser la culture d’un personnage.

 

Les clichés au service du scénario

 

Si vous êtes accoutumés aux séries américaines, vous remarquerez que plusieurs points reviennent constamment. Pour indiquer au spectateur que des personnages sont dans un restaurant gastronomique, soit les serveurs parleront avec un fort accent français, soit ils interpelleront un chef qui portera en plus de sa toque un nom à consonance française. Cet élément est devenu un classique à tel point que personne ne déroge à la règle. L’épisode 18 de la série « Flash » a enfoncé le clou avec un serveur qui parlera uniquement français sur deux répliques dans un luxueux restaurant. Les scénaristes américains n’ont en général que 40 minutes pour vous amener une succession d’informations que vous devez intégrer rapidement. Pour ce faire, ils usent et abusent parfois de clichés pour que vous compreniez une scène avant même d’entendre un mot.

Quand il faut se rendre dans un quartier « chaud », la musique de fond est toujours principalement du rap, et bien entendu des personnages noirs arrivent dans les scènes suivantes. Une variation de rap latino ou d’air de salsa viendra agrémenter les séquences se déroulant dans Spanish Harlem, par exemple. Les informateurs sont majoritairement des dealers noirs (héritage de  la série « Starsky et Hutch ») et pour reconnaître de la drogue (pour vérifier que l’on ne vend pas du sucre) on la goute avec son doigt. Test de routine plus efficace et beaucoup plus rapide qu’un examen en laboratoire.

 

Depuis quelques temps, certaines séries essaient de relever le niveau afin d’amener plus de subtilité dans les shows télévisés. Successivement, dans trois séries différentes, j’ai constaté que l’art prenait une place plus importante que d’habitude dans la construction de l’histoire. Mais pour bien comprendre comment une différence de traitement joue sur la perception de l’art, je vais partir du milieu des années 2000 jusqu’aux plus récentes pour que vous puissiez percevoir la montée en puissance du discours artistique dans les séries TV.

Avertissement : Il est important de comprendre que la thématique de cet article implique de révéler des éléments clés des séries concernées. Si vous avez l’intention de les voir ou que vous êtes en train de les suivre, libre à vous de continuer la lecture en sachant que vous vous exposez à des « spoilers » qui pourraient vous gâcher la surprise.

 

Heroes

Heroes

Dans la série « Heroes » (première diffusion en 2006), un artiste peintre est capable de peindre le futur. Si cette faculté pourrait en faire rêver plus d’un, cette aptitude va dans un premier temps se manifester uniquement sous l’emprise de l’héroïne… Il faut dire qu’un artiste qui peint en transe à cette époque ne pouvait qu’utiliser des produits stupéfiants. L’image de « l’artiste maudit » est exploitée dans tous les sens du terme puisque, las de ses visions, le personnage qui avait peint sa propre mort ne luttera pas vraiment pour sauver sa vie. L’artiste a souvent un rôle cliché mais avec l’écriture américaine ce procédé est toujours efficace dans le processus narratif. Nous verrons un peu plus tard que cette capacité peut aussi apparaître chez la mère de famille dans la série « Under the Dôme » quelques années plus tard. Bien entendu, l’incidence de ce don chez elle ne serait pas sans douloureuse contrepartie.

Heroes

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Mad Men

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« Mad Men » n’est pas une série récente puisqu’elle a commencé en 2007. Pourtant, son exceptionnelle longévité donne raison aux critiques spécialisés qui l’ont déjà classé parmi les meilleures séries TV produites. Ce qui est frappant dans cette série c’est le nombre d’œuvres d’art que l’on peut y voir dans de nombreux plans. Je ne les ai pas listé dans la mesure où d’autres sites l’ont déjà fait. Cependant, une séquence a retenu mon attention, et vous pouvez en voir une image extraite ci-dessous. En 2008, l’épisode 7 de la saison 2 vient rehausser le niveau artistique d’un coup en offrant aux spectateurs une séquence autour d’un tableau de Rothko. Durant un long moment, les personnages hésitent à pénétrer au sein d’un bureau dans lequel trône le tableau. Une légère pointe d’humour et un grand moment de contemplation ont transformé ce passage en un moment culte à mon avis. Quand on sait quel public regarde ce type de série, on sent bien la volonté des auteurs de vouloir amener un peu de culture artistique dans un pays où l’art n’est pas aussi accessible qu’en France.

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Criminal Minds

Criminalminds-1« Esprits criminels » (première diffusion en 2005) fait partie de ces séries increvables qui sont renouvelées saisons après saisons. Pour cette équipe d’enquêteurs dont les investigations ne cessent d’être diffusées et rediffusées dans le désordre de nos jours, la tache s’avère cette fois-ci aussi macabre qu’artistique. En effet, dans l’épisode 9 de la saison 10 les crimes auxquels ils sont confrontés présentent des similitudes avec les mises en scène d’un comics. Les passages où les crimes ont lieu prennent une tonalité graphique qui rappelle fortement le style de « Sin City ».

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Criminalminds-3Franck Miller, l’auteur de ce roman graphique, sera même cité à la fin de l’épisode. On retiendra la phrase marquante de cet épisode, prononcée par Reed, le Génie de l’équipe :  « Sometimes for an artist, the only difference between insanity and genius is success. » que l’on peut traduire par : Parfois, pour un artiste, la seule différence entre la folie et le génie c’est le succès.

 

The Eleventh Hour

Eleventhhour eleventh-hour-cDans l’épisode 4 de la série « The Eleventh Hour » (première diffusion en 2008), une autiste réalise de nombreux dessins et vient à en recouvrir l’intégralité des murs de sa chambre. Ici, le dessin est une forme de langage qui permet à la jeune fille de communiquer avec le monde extérieur. L’un des personnages principaux de la série va à son tour prendre un feutre pour dessiner afin d’entamer un processus d’approche avec elle. Communiquer par le biais du dessin, que l’on soit autiste ou non, est régulièrement mis en scène autant dans les séries TV qu’au cinéma. A partir du moment où un réalisateur veut mettre en images une situation qui maintienne l’attention du spectateur sans que cela soit inconfortable, la naissance d’un dessin est une scène qui revient souvent. Utiliser la corde artistique peut devenir une composante du suspens sans que cela soit trop dérangeant et par conséquent rend l’image accessible à tous les publics. En fonction de la longueur des plans, la mise en forme d’une énigme est plus ou moins facilitée.

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Vikings

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La série « Vikings » (première diffusion en 2013) diffusée sur la chaine History (l’origine de la série est canado-irlandaise) n’a pas fait l’impasse sur l’art, bien au contraire. Dans l’épisode 6 de la saison 2, un long passage pendant lequel Athelstan et le Roi Ecbert discutent de l’art romain pour débattre de l’appauvrissement culturel du peuple. « We have lost more knowledge than we never had » que l’on traduit par : « Nous avons perdus plus de connaissances que nous n’en avons jamais eu »

Viking-02-L-art-dans-les-séries-TVUne séquence intéressante puisqu’elle vient densifier les rapports secrets entre les deux hommes et le coté intriguant de ce roi qui cache tant de choses à son peuple. Celui-ci, choisissant Athelstan comme gardien de son musée personnel, nous montre par la même occasion le véritable rôle des moines dans la conservation des documents. Autrefois, ils recopiaient à la main des documents (cf les moines copistes) et dessinaient par la suite sur certains ouvrages, on parle alors d’enluminures.

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Da Vinci’s Demon

Da-Vinci-s-Demons-da-vincis-demons-34231715-1920-1200Avec l’arrivée de série comme « Da Vinci’s Demons » (première diffusion en 2013), l’art passe de la citation à la matière première dans la construction du scénario. Comme son nom l’indique, cette série aborde la vie de Léonard de Vinci en tissant une toile narrative autour des nombreuses inventions de celui-ci. Bien que la série s’articule en prenant des largesses sur des situations et des inventions, elle arrive à captiver et permet de traiter l’art sous un aspect différent de tout ce qui avait été fait jusqu’à maintenant. Bien que dans l’ensemble l’histoire peut paraître sombre et violente, il y a ce qu’il faut comme dose d’art pour pousser n’importe qui (et surtout les plus jeunes) à aller vérifier quelques faits pour s’intéresser encore plus à ce génie de la création.

Da-Vincis-Demons-101-04Aucun détail historique de la vie de Léonard n’est mis de coté pour densifier les aventures du personnage. Son passage en France à la fin de sa vie, ou encore son implication dans la création de machines de guerre sont autant de munitions pour des scénaristes à la recherche de sensations fortes pour passionner leur spectateurs. Il n’est pas rare de voir des séries de « capes et d’épées » (les quatre mousquetaires ont eux aussi été adaptés). En choisissant un personnage aussi prolifique que Léonard, les scénaristes se sont donnés les moyens de pousser leur créativité loin des sentiers battus et se permettent une écriture qui fait voyager au-delà de l’Italie et parfois même au-delà du réel.

Leonardo+da+Vinci+(Tom+Riley)Ce qui m’a le plus marqué dans cette série c’est la manière dont les scénaristes essaient de mettre en lumière le génie de l’artiste et sa capacité à observer le monde qu’il arpente. La mise en scène et quelques effets viennent parfois subjuguer l’image pour prendre le point de vue de notre héros. Ainsi, une séquence durant laquelle un oiseau prend son envol se décompose visuellement pendant que Léonard le dessine. Si l’aspect visuel et la réalisation peuvent faire sourire, il y a de grande chance pour que les auteurs ne soient pas loin de la vérité. Nous savons tous que c’est par l’observation des animaux que de nombreuses inventions ont vu le jour. Rappelons-nous que les premiers engins volants essayaient aussi d’imiter le mouvement naturel des oiseaux pour s’envoler. Pour ma part, c’est surement l’une des bonnes surprises de ces derniers temps. Et qui sait, peut-être verrons-nous bientôt une série sur d’autres illustres personnages de la Renaissance. Car même s’ils n’ont pas tous la même envergure, certaines vies mériteraient d’être mises en scène autrement qu’en téléfilm.

 

Under the Dome

Under_the_dome_logo « Under the Dome »(première diffusion en 2013) Les visions d’un personnage important sont exprimées directement sur la toile. Les peintures et les cartes postales, toutes peintes à la main, deviendront l’un des fils conducteurs de toute la série. S’appuyer autant sur la vision d’un artiste est pour ainsi dire maintenant un classique du scénario américain, un peu comme le fantôme dans le reflet du miroir de la salle de bain. Il y a pourtant dans cette série l’envie de démontrer que les œuvres autant que le lieu de création sont des éléments incontournables qui nécessitent de nombreux aller-retours des personnages. L’atelier n’est plus un simple espace de création, c’est aussi une zone qui contient de multiples indices dont on ne comprend l’importance qu’épisode après épisode.

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Under the DomeLes américains sont friands de tous les détails leur permettant d’en savoir toujours plus sur leurs séries. Ils ont ainsi bénéficié de cette petite vidéo promotionnelle. Avec celle-ci on y apprend qui se cache derrière les fameuses toiles réalisées par l’un des personnages de la série durant ses périodes de transes.

 

Utopia

utopia-blogs« Utopia » – (première diffusion en 2013) n’est pas une série qui nous vient d’outre atlantique et pourtant elle exploite l’un des piliers de la culture pop américaine : le comics. Bien que beaucoup ne le considère pas comme une œuvre d’art, il faut me compter parmi les rangs de ceux qui pensent le contraire. Dans cette série, le comics prend la forme d’un manuscrit tout droit sorti d’une collection d’art brut. Ces dessins griffonnés à même le sol mettent en images les visions d’une histoire d’un auteur torturé. Du moins c’est ce que l’on croit au début de la série, idée rapidement balayée par un scénario qui a le mérite de nous amener dans un schéma plus complexe où chaque détail compte. Justement, l’ouvrage est à lui seul une immense énigme digne d’un codex de Léonard de Vinci. Il amènera nos anti-héros dans une histoire de complot international dont les rouages vont au-delà de tout ce qu’ils auraient pu imaginer.

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The Walking Dead

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The Walking DeadDans la série à succès « The Walking Dead » (première diffusion en 2010), nous avons été exposés à deux manières différentes de percevoir l’art. La première c’est quand le personnage de Michonne s’attarde sur un couloir où les tableaux accrochés les uns à la suite des autres l’interpellent durablement. Les fans de la série, observateurs de tous les détails cachés qui leur permettraient de découvrir des indices complémentaires, ont même écrit un article entier sur l’un des personnages présent sur un tableau. Cliquez-ici pour lire l’article américain écrit sur le sujet.

Le second passage est, quant à lui, placé sur le thème de l’humour, quand Daryl et Carol se retrouvent face à un tableau d’art contemporain. Daryl décrit qu’il a l’impression qu’un chien a essuyé son derrière tout le long de la toile. Carole, quant à elle, la trouve à son goût ce qui ne manque pas de surprendre Daryl. La scène ne s’oublie pas, surtout quand on suit la série avec son rythme et sa tonalité loin de l’humour et de la légèreté.

The Walking Dead

 

The One Hundred

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the 100Dans la série « The one hundred » (première diffusion en 2014) c’est le responsable d’une station souterraine qui passe le plus clair de son temps à peindre. Une situation aperçue plus d’une fois pour exprimer la sagesse du personnage. Ici, dans la construction scénaristique, la part de l’art ne se résume pas à quelques coups de pinceaux sur la toile. Elle tient aussi au fait que c’est le seul moyen pour les habitants de cette cité souterraine de percevoir le monde auquel ils n’ont plus accès et surtout qui a disparu. Le bunker est plus souvent montré comme une sorte de musée au sein duquel une communauté idéale aurait trouvé le moyen de se tenir à l’abri et à l’écart d’un monde qui leur est devenu beaucoup trop hostile à plus d’un titre. Comme je l’ai indiqué précédemment, déjà en 2006 dans la série « Heroes », un artiste peignait régulièrement dans les épisodes. Si celui-ci avait la particularité d’être capable de dessiner le futur, les catastrophes écologiques se multipliant presque 10 ans plus tard, les scénaristes préfèrent imaginer des personnages plus conservateurs que devins.

 

The Last Man on Earth

lastmanDans la toute nouvelle série « The Last Man on Earth » – (première diffusion en 2015), le ton est donné dès le premier épisode, dans une séquence assez drôle où le personnage revient de son tour des États-Unis. Après avoir fait le constat qu’il était le seul sur Terre, il s’installe dans une villa en prenant soin d’y entreposer tous les objets hétéroclites qu’il a pu glaner au cours de son voyage. L’homme, ayant forcément du goût, a pu se servir depuis la maison blanche jusqu’au sein des plus grands musées pour en rapporter des œuvres d’art et d’autres objets tout aussi surprenants que fortement référencés. En trois captures d’écran, je vous laisse apprécier comment les œuvres d’art sont distillées dans cette série.

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Daredevil

daredevilDans la série « Daredevil » (première diffusion en 2015) c’est un tableau monochromatique qui va devenir un élément clé du scénario, au point d’y tenir un rôle équivalent à celui d’un personnage. L’œuvre d’art en question agira comme le déclencheur d’un souvenir qui va hanter l’un des personnages principaux sur plusieurs épisodes. Assimiler ainsi une œuvre d’art à un déclencheur émotionnel n’est pas inédit mais je dois admettre que la mettre en scène de cette manière était plutôt bien amené et beaucoup moins cliché que d’habitude.

daredevil-2La pratique de l’intégration de l’art et des artistes dans l’espace télévisuel est une astuce plus courante que l’on se l’imagine. Ce que je trouve intéressant, c’est comment avec le temps la part de la présence des œuvres d’art au sein des séries américaines se multiplie. Cela n’est pas pour me déplaire d’autant plus que les plus réfractaires à l’art consomment aussi ce type de séries et ingèrent, malgré eux, cet art auquel ils affirment ne rien entendre. Dans une séquence clé de la série « Daredevil », le personnage principal a droit à une petite initiation à l’art que n’importe qui peut comprendre. On ressent bien le désir des scénaristes d’amener l’art autrement que comme un joker fantaisiste pour gagner quelques minutes de scénarios.

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Et au Cinéma ?

Concernant les références artistiques, au cinéma elles sont si nombreuses qu’il n’y aurait pas assez de place pour toutes les commenter. En mettant de coté toutes les biographies et les histoires où la relation amoureuse de l’artiste et de son modèle est exploitée, il reste cependant quelques inoubliables pépites. Qui se souvient du « mobile de Koendelietzsche »  des « Trois frères » ? Allez, en bonus rien que pour vous, voici une petite vidéo qui démontre comment l’œuvre d’art est malmenée tout au long du film… d’autres temps, d’autres mœurs.

 

 

Au début des années 2000, dans le film « Mission to Mars », les astronautes vont finir par découvrir la trace d’une vie extraterrestre sur la planète. Le problème c’est qu’il s’agit ni plus ni moins d’une sculpture de Brancusi à moitié enfouie dans le sable. Dans le genre original, on a vu plus créatif.

 

brancusi Une image extraite du film « Mission to Mars »…brancusi-2« La muse endormie » de Brancusi

 

Plus récemment, dans « Fast and Furious 6 », un personnage du film prend soin de décrocher un tableau du mur avant que son comparse ne s’apprête à le perforer pour défoncer le mur en question. Toutes ces petites scènes mises bout à bout créent une amorce de culture dans la tête de tous ceux qui sont allergiques aux arts.

 

Quoiqu’il en soit, autant dans les séries que dans leurs films, les scénaristes majoritairement américains nous envoient un signal fort. Celui de nous assurer que dans le pire des cas de figure nous pouvons compter sur eux. Il se chargeront d’expliquer aux générations futures qui était Picasso et conserveront en lieu sûr les plus précieuses œuvres d’art. Vous avez dit messages subliminaux ? Ou références historiques ? A vous de voir.

 


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2 commentaires sur “L’Art et les Artistes dans les séries TV

  • Nobre Christine

    Merci Antoine pour ce très bel article, je déplore simplement que l’art soit considéré essentiellement dans les séries américaines…que fait la France ??? Par contre il est sûr que les séries américaines sont les plus regardées (et surtout en France) et que pour les américains l’art fait partie de leur vie, ils le considèrent bien mieux, il est indispensable et parlant…être un artiste pour eux n’est pas être un désaxé, désoeuvré, inutile, qui fait n’importer quoi comme un enfant de 6 ans, hors société et pauvre…mais quelqu’un qui a quelque chose à dire, qui vit en pleine société et s’exprime à sa manière, qui pousse à réfléchir sur cette société et n’est pas obligatoirement dans l’alcool, la drogue et le vice…clichés…Faut-il aller vivre aux USA ???

    • Antoine Titus Auteur du billet

      Bonjour Christine,

      Le problème est très simple et tient en une seule expression : Recherche et Développement. Dans l’enseignement américain il y a des matières où la créativité et la recherche ne sont pas de vains mots. En France, dans tous les secteurs industriels il existe un budget dédié à la recherche. Dans l’industrie du divertissement… Rien. Une bande de copains producteurs produisent des programmes simples, accessibles à tous et surtout avec des possibilités intéressantes de placements publicitaires entre deux enquêtes. Des exemples ? Il y en a trop, ce qui manque encore et toujours c’est de l’innovation. Essayez de trouver une volonté artistique dans une série française c’est comme chercher un rôle sans cliché pour ce que l’on appelle poliment une minorité visible. Même dans les doublages de séries on a placé un accent créole pour une femme noire commissaire de New York et des accents type « banlieue parisienne » pour des voyous latinos du Bronx… Qui sait, bientôt l’accent Marseillais pour une nouvelle version d’Alerte à Malibu. Les scénaristes les plus talentueux ne perdent plus de temps dans ce pays et laissent aux producteurs toute la latitude de produire des séries « sous le soleil » où la visibilité des culottes entre deux plans est un concept à part entière.